À l’occasion de la Journée internationale des forêts, l’arboretum de Libreville a été hier le théâtre d’une rencontre peu ordinaire entre institutions, formateurs et forces de sécurité gabonaises. L’Académie de protection de l’environnement et des ressources naturelles (APERN) y a organisé une journée ouverte au dialogue et à la démonstration de ses activités de terrain.
L’APERN, initiative franco-gabonaise basée au camp de Gaulle, propose des stages d’immersion destinés aux forces de sécurité, combinant enseignement théorique et pratique sur la lutte contre les trafics illégaux et la protection des écosystèmes. Cette approche pédagogique, centrée sur l’expérience de terrain, souligne que la conservation des forêts ne se limite pas à des textes de loi ou à des campagnes de sensibilisation : elle passe par la capacité opérationnelle des acteurs de terrain.
La présence de la ministre de la Défense, accompagnée de plusieurs ambassadeurs et diplomates, a permis un échange direct sur les enjeux concrets de l’orpaillage illégal et du braconnage. Ces discussions ont mis en lumière un constat partagé : la préservation des forêts gabonaises ne peut se réaliser qu’en conjuguant expertise locale, coopération internationale et engagement citoyen.
Mais au-delà des institutions et des protocoles, cette journée a surtout révélé l’humain derrière l’action. Les élèves écogardes, souvent jeunes et motivés par la protection de leur environnement, incarnent l’espoir d’un modèle durable de conservation. La formation qu’ils reçoivent ne se limite pas à des compétences techniques ; elle forge également un sens aigu de responsabilité environnementale et de solidarité communautaire.
L’ambition de l’APERN dépasse la simple formation : elle vise à devenir un pôle régional d’excellence dans la lutte contre la criminalité environnementale, capable de diffuser des savoir-faire et d’inspirer d’autres pays de la sous-région. En ce sens, l’institution illustre une tendance plus large : la reconnaissance croissante de la protection des ressources naturelles comme un enjeu stratégique et humain, où sécurité et écologie se rejoignent.
Cette Journée internationale des forêts n’a donc pas été seulement une célébration symbolique, mais un rappel concret que chaque arbre protégé est le fruit d’une coopération entre institutions, forces de terrain et citoyens engagés.













