Ouagadougou, 19 février 2026. Les premières Journées de dialogue Défense–Sécurité–Finances–Diplomatie se sont achevées le 18 février à Ouagadougou, au terme de 48 heures d’échanges stratégiques entre responsables institutionnels et experts. Au-delà de la satisfaction exprimée à la clôture, ces travaux marquent une volonté affirmée : structurer une action extérieure plus cohérente, adossée à une vision partagée de la souveraineté nationale.
Une approche décloisonnée des enjeux internationaux
Dans un contexte géopolitique et géostratégique en mutation, les participants ont analysé les dynamiques régionales et internationales qui influencent la trajectoire du Burkina Faso. Les discussions ont mis en évidence l’interdépendance croissante entre les politiques de défense, de sécurité, de finances publiques et de diplomatie.
L’objectif affiché est clair : harmoniser les positions et coordonner les instruments de l’État pour mieux défendre les intérêts du pays à l’étranger. Cette démarche traduit un changement de méthode, fondé sur la concertation intersectorielle et la recherche d’une parole publique unifiée.
Pour le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, l’enjeu dépasse la seule communication diplomatique. Il s’agit de transformer les perceptions internationales du Burkina Faso, en valorisant ses capacités et ses potentialités, et en déconstruisant certains stéréotypes persistants.
Institutionnaliser le dialogue stratégique
La cérémonie de clôture, présidée par le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le Général de Division Célestin Simporé, représentant le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a souligné la nécessité de pérenniser ce cadre d’échanges.
Pour les autorités, ces journées constituent une première étape vers une meilleure compréhension commune des mutations en cours et vers l’élaboration d’outils d’action plus intégrés. « La souveraineté ne se proclame pas, elle s’organise, elle se structure, elle se défend », a rappelé le chef de l’armée burkinabè, résumant l’esprit des travaux.
Plusieurs recommandations ont été formulées : renforcement de la coordination interinstitutionnelle, institutionnalisation des journées de dialogue et création d’un programme de coopération entre les grandes écoles de formation des ministères concernés. L’ambition est de consolider, sur le long terme, une diplomatie qualifiée de « forte, cohérente et décomplexée ».
Une vision alignée sur le cap présidentiel
Les échanges se sont inscrits dans la dynamique impulsée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, dont les participants ont salué l’engagement en faveur d’une indépendance affirmée du pays. Une motion de soutien lui a été adressée à l’issue des travaux.
En amont de la clôture, un panel de haut niveau réunissant le Général Célestin Simporé, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a permis d’illustrer concrètement la transversalité recherchée. Les interventions ont mis en lumière la complémentarité des leviers diplomatiques, sécuritaires et économiques dans la conduite de la politique extérieure.
Au terme de ces deux jours, l’exercice apparaît comme un signal institutionnel fort : celui d’un État qui entend parler d’une seule voix sur la scène internationale et articuler ses instruments de puissance autour d’une stratégie concertée. Pour les autorités burkinabè, la crédibilité extérieure passe désormais par cette cohérence interne — condition d’une souveraineté pleinement assumée.













