La Coupe d’Afrique des Nations 2025 n’a pas seulement révélé des talents sur le terrain. Elle a aussi rappelé que le football africain est un espace de récits, de symboles et de représentations collectives. Parmi les images fortes de la compétition, celle de Michel Kaku, supporter congolais devenu icône involontaire, s’est imposée comme l’une des plus marquantes.
Dans un univers où la ferveur des tribunes est souvent bruyante, démonstrative et parfois caricaturée, Michel Kaku a capté l’attention par l’exact opposé : l’immobilité, le silence et la charge symbolique d’un geste maîtrisé. En quelques secondes, il a incarné une autre manière de soutenir une équipe nationale, mêlant sport, mémoire et identité.
Le supporter, maillon invisible de la performance sportive
Longtemps relégué à l’arrière-plan, le supporter africain joue pourtant un rôle central dans la dynamique des équipes nationales. Il est moteur émotionnel, relais populaire et souvent ambassadeur informel du pays. Le cas de Michel Kaku illustre cette réalité : sans être joueur, dirigeant ou encadreur, il est devenu un vecteur d’image pour la RDC durant la CAN.
Son geste, inspiré de Patrice Émery Lumumba, a fait écho à une mémoire collective toujours vive. Dans un contexte où le football sert aussi de miroir aux aspirations nationales, cette posture a donné au public international une lecture plus profonde du rapport entre sport et histoire congolaise.
De l’instant viral à la trajectoire durable
Mais l’histoire sportive montre une constante : l’émotion ne dure que si elle se structure. La viralité, aussi puissante soit-elle, est éphémère si elle n’est pas accompagnée d’un projet clair. Michel Kaku se trouve aujourd’hui à la frontière entre deux mondes : celui du moment médiatique et celui de la construction d’une trajectoire.
S’il choisit de s’inscrire dans la durée, son rôle peut évoluer :
- devenir un acteur de la culture sportive, en valorisant le supporter africain comme partie prenante du spectacle ;
- contribuer à une pédagogie du sport, où football, histoire et conscience citoyenne dialoguent ;
- accompagner les institutions sportives et culturelles dans la promotion d’une identité congolaise moderne, fière et consciente de ses racines.
Une opportunité pour le sport congolais
Au-delà de l’individu, le phénomène Michel Kaku pose une question plus large : comment le sport congolais valorise-t-il ses symboles hors du terrain ? Joueurs, entraîneurs, arbitres… mais aussi supporters, tous participent à la construction de l’image nationale.
La CAN 2025 a montré que le football peut être un langage puissant, capable de raconter une nation autrement. À Michel Kaku, désormais, de transformer cette image forte en engagement structuré. Et à l’écosystème sportif congolais de comprendre qu’un supporter peut, lui aussi, devenir un ambassadeur.
Car parfois, l’histoire du sport ne s’écrit pas seulement avec des buts, mais avec des gestes qui marquent les esprits.













