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Fonction publique : diagnostic sans détour et promesse de redressement

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En exposant dimanche 22 février 2026 l’état des lieux de l’administration dont elle a la charge, Laurence Ndong a choisi la transparence. À la tête d’un département qui supervise 115 000 agents publics, la ministre de la Fonction publique dresse un constat à la fois chiffré et préoccupant, tout en esquissant une méthode de redressement.

Une administration sous tension

Sur les 115 000 agents que compte l’État, 59 000 relèvent directement du ministère de la Fonction publique ; les autres – militaires, magistrats et corps assimilés – sont gérés par des administrations spécifiques. Or, ces 59 000 dossiers sont traités par moins de 300 agents.

Jusqu’à récemment, nombre d’entre eux travaillaient sans équipement informatique adapté, dans des conditions matérielles précaires. Pour combler ce déficit, 273 ordinateurs ont été identifiés comme nécessaires afin d’équiper chaque gestionnaire. Une première dotation de 50 machines a déjà été réceptionnée. Derrière ces chiffres, une réalité : une administration centrale appelée à gérer des milliers de carrières avec des moyens limités.

Moderniser pour rétablir la confiance

La feuille de route des cent premiers jours s’articule autour de sept axes. Le premier, central, porte sur la modernisation et la digitalisation. Le câblage réseau de l’administration centrale est acté, une unité de gestion de projet doit voir le jour et, à terme, un portail numérique permettra à chaque agent d’accéder à l’ensemble des actes de sa carrière – du recrutement à la retraite – via son numéro d’identification personnelle.

Cette dématérialisation s’accompagnera d’un effort de sécurisation des archives. Une salle d’archivage papier sera mise en place pour mettre fin à des pratiques qui voyaient certains dossiers conservés à même le sol, exposés à la dégradation.

Des conditions de travail à réhabiliter

Le deuxième axe vise l’amélioration immédiate des conditions de travail. Rétablissement de l’eau dans les services, réhabilitation des bâtiments, remise en circulation de trois bus de 32 places pour faciliter le transport des agents : des mesures pragmatiques, destinées à restaurer un minimum de fonctionnalité.

En province, le diagnostic est tout aussi sévère. À l’exception de Libreville et du Haut-Ogooué, la plupart des directions provinciales des ressources humaines ne comptent qu’un seul agent ; l’Ngounié n’en dispose d’aucun. L’objectif est de rendre ces antennes pleinement opérationnelles et connectées au fichier informatique central, afin d’éviter aux agents de l’intérieur du pays des déplacements coûteux vers la capitale.

Assainir et moraliser

Troisième pilier : l’assainissement des situations administratives. Des dossiers en attente depuis plus de dix ans ont été recensés. La ministre s’engage à les traiter et instaure un guichet unique pour accélérer la signature des arrêtés d’intégration, condition essentielle aux avancements et titularisations.

Dans le même mouvement, elle affiche une ligne ferme contre les pratiques de favoritisme et les interventions informelles. Les priorités devront désormais être validées par la seule signature ministérielle, avec un traitement annoncé comme équitable et transparent.

Réformes structurelles et discipline budgétaire

Les autres axes concernent la réforme du cadre juridique, le renforcement des capacités via des concours professionnels, la vulgarisation des textes réglementaires et un pilotage stratégique orienté vers les résultats.

S’agissant des recrutements, la ministre rappelle la contrainte budgétaire et la nécessité de maîtriser la masse salariale. Les embauches se feront prioritairement par concours, en fonction des postes budgétaires disponibles. Un inventaire national des besoins et des conditions de travail doit être finalisé au terme des cent jours pour éclairer les décisions futures.

À travers cette démarche, la ministre ne se contente pas d’un discours de réforme. Elle met en lumière les fragilités structurelles d’une administration centrale confrontée à l’ampleur de sa mission. Reste à traduire cette volonté politique en transformations mesurables, dans un secteur où la crédibilité de l’État se joue au quotidien, dossier après dossier.

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