Le 18 février 2026, la célébration de la Fête nationale de la Jeunesse n’a pas seulement donné lieu à une commémoration symbolique. Elle a servi de cadre à une annonce structurante : la relance du Conseil National de la Jeunesse du Gabon (CNJG), appelée à redéfinir la place des jeunes dans l’architecture institutionnelle.
Présidée par le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, Paul Ulrich Kessany Zategwa, la cérémonie a rassemblé plus d’une centaine de représentants d’associations et de mouvements de jeunesse, aux côtés de partenaires internationaux tels que UNICEF. Le thème retenu – entrepreneuriat et employabilité — s’inscrit dans le deuxième pilier du Plan national de croissance et de développement, adossé au projet de société du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Au-delà de la célébration, une réforme institutionnelle
L’annonce majeure porte sur la restructuration du CNJG, présenté comme le cadre institutionnel de consultation et d’expression de la jeunesse gabonaise. L’initiative vise à réactualiser ses textes, à revoir son organisation interne et à renforcer sa légitimité représentative.
Dans les prochaines semaines, une commission ad hoc sera installée avec pour missions de :
réviser les textes encadrant le fonctionnement du Conseil ;
convoquer une assemblée générale de validation ;
actualiser le collège électoral ;
superviser l’installation des bureaux provinciaux et du Bureau exécutif national.
Cette démarche traduit une volonté de passer d’une logique déclarative à une logique d’opérationnalisation, en dotant la jeunesse d’outils de représentation plus adaptés aux réalités actuelles.
L’enjeu : participation et insertion
Derrière la réforme administrative se profile une question plus large : comment faire du potentiel démographique un levier de croissance et de cohésion sociale ? L’accent mis sur l’entrepreneuriat et l’employabilité traduit une orientation vers l’autonomisation économique, considérée comme condition d’une participation citoyenne effective.
En repositionnant le CNJG, le ministère entend offrir un espace structuré où les préoccupations des jeunes peuvent être formulées, débattues et relayées auprès des pouvoirs publics. La présence de partenaires techniques et financiers internationaux témoigne également d’une approche collaborative, associant expertise et accompagnement.
Une dynamique à concrétiser
Si la volonté politique est clairement affirmée, la réussite de la relance dépendra de la capacité à conduire le processus de réforme de manière inclusive et transparente. La crédibilité du futur Conseil reposera sur la qualité de la représentativité, la clarté de ses missions et sa capacité à produire des propositions concrètes.
À travers cette séquence, la Fête nationale de la Jeunesse 2026 apparaît moins comme un simple rendez-vous symbolique que comme un moment de repositionnement institutionnel. Pour les jeunes présents, l’enjeu dépasse la commémoration : il s’agit désormais de transformer l’espace de représentation en véritable levier d’action et d’influence au service du développement national.













