À l’occasion de la Journée internationale « zéro déchet », célébrée le 30 mars 2026, la Mairie de Libreville a organisé une opération de nettoyage à Nzeng-Ayong. Si cette initiative illustre une volonté politique affichée, elle met également en lumière les défis persistants auxquels la capitale gabonaise est confrontée en matière de gestion des déchets.
Au-delà du caractère symbolique de cette journée, la question centrale demeure celle de la durabilité des actions engagées. Dans de nombreuses capitales africaines, les politiques de gestion des déchets peinent à produire des résultats durables en raison de contraintes structurelles : insuffisance des infrastructures, collecte irrégulière, urbanisation rapide et comportements citoyens peu adaptés.
À Libreville, ces défis sont bien connus. Malgré les efforts des autorités municipales, les dépôts sauvages et l’insalubrité persistent dans plusieurs quartiers. L’opération menée à Nzeng-Ayong, sous la supervision du maire Pierre Matthieu Obame Etoughe et de ses équipes, a permis de sensibiliser les populations, mais pose la question de l’impact à long terme de ce type d’initiatives ponctuelles.
Les spécialistes de l’environnement soulignent que la réussite d’une politique « zéro déchet » repose sur une approche systémique. Cela inclut non seulement des actions de nettoyage, mais aussi la mise en place de circuits de collecte efficaces, le développement du recyclage, ainsi que des politiques incitatives pour réduire la production de déchets à la source.
La sensibilisation des populations constitue un autre enjeu majeur. Si les autorités appellent à l’adoption de gestes simples à savoir : réduire, réutiliser, recycler, composter; leur appropriation reste inégale. Les habitudes de consommation, combinées à un manque d’éducation environnementale, freinent la transition vers des pratiques plus durables.
Par ailleurs, le financement de la gestion des déchets demeure un obstacle. Dans plusieurs villes africaines, les coûts liés à la collecte, au traitement et au recyclage dépassent les capacités budgétaires des collectivités locales.
Dans ce contexte, l’ambition de faire de Libreville une ville modèle en matière de gestion des déchets apparaît comme un objectif de long terme. Elle nécessite une coordination renforcée entre autorités, acteurs privés et citoyens, ainsi qu’un engagement constant au-delà des journées commémoratives.
L’initiative de Nzeng-Ayong s’inscrit ainsi dans une dynamique positive, mais rappelle que le passage d’une logique d’action ponctuelle à une politique durable reste le principal défi.













