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Sécurité ferroviaire : à Owendo, SETRAG ancre sa stratégie dans les territoires

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Owendo, 11 février 2026. À la base ferroviaire d’Owendo, ce mercredi, le décor était moins celui d’une réunion technique que d’un exercice de gouvernance. Autour des tables disposées en U, élus municipaux, responsables administratifs et représentants communautaires ont répondu à l’invitation de la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG). En toile de fond : la sécurisation durable du corridor ferroviaire au bénéfice des populations riveraines.

L’enjeu dépasse la simple prévention des accidents. Il touche à la manière dont une grande entreprise infrastructurelle redéfinit sa relation avec les territoires qu’elle traverse.

Le Transgabonais, levier économique et responsabilité partagée

Colonne vertébrale logistique du pays, le Transgabonais relie les zones minières et forestières au port d’Owendo, soutenant une part essentielle de l’activité nationale. Cette performance industrielle implique toutefois une exigence constante : garantir la sécurité des riverains installés le long de l’emprise ferroviaire.

Représentant le directeur général Christian Magni, la directrice de la communication, Reine Sonia Okoua Obame, a posé d’emblée le cadre : la compétitivité ne peut se construire au détriment des populations. Un rappel ferme, alors que les traversées imprudentes, les occupations anarchiques ou les installations non conformes continuent d’exposer certains quartiers à des risques réels.

Pour l’entreprise, la réponse ne peut plus être uniquement technique. Elle doit être territoriale.

Les communes, pivot opérationnel

Le maire d’Owendo, Arnaud Sandie Nombo, a salué une initiative « structurante », reconnaissant que l’urbanisation progressive de certaines zones proches de la voie ferrée pose aujourd’hui un défi collectif. Derrière le constat, une conviction partagée : la sécurité ferroviaire relève d’une responsabilité distribuée.

Le cadre juridique existe. Le décret n°00132/PR du 27 janvier 1978 réglementant la Police des Voies Ferrées fixe les obligations en matière de protection et engage plusieurs ministères ainsi que les collectivités locales. Mais c’est dans son application concrète que se joue l’efficacité du dispositif.

La stratégie présentée par les responsables sociétaux de la SETRAG repose ainsi sur un modèle partenarial clair :

Les communes diffuseront les messages de sensibilisation via les chefs de quartier, accompagneront la structuration d’associations communautaires et faciliteront les actions de terrain.

L’entreprise, de son côté, assurera la formation, l’encadrement et la rémunération des volontaires, tout en mettant en place un suivi et une évaluation des interventions.

Ce schéma opérationnel vise à transformer les riverains en acteurs de prévention plutôt qu’en simples bénéficiaires de campagnes ponctuelles.

Convergence réglementaire et standards internationaux

Au-delà du cadre national, la démarche s’aligne sur la Norme de performance 4 relative à la santé et à la sécurité des communautés, référence internationale en matière de gestion des risques liés aux projets d’infrastructure. Un positionnement qui inscrit la SETRAG dans une logique de conformité et de crédibilité vis-à-vis de ses partenaires institutionnels et financiers.

Le représentant de l’Agence de Régulation du Transport Ferroviaire a rappelé, lors des échanges, la nécessité pour l’opérateur d’assumer pleinement son rôle moteur, afin d’encourager le respect strict de la législation par les populations riveraines.

Les discussions, franches mais constructives, ont débouché sur un consensus : la mise en place d’équipes mixtes associant agents de l’entreprise, représentants communaux et membres des communautés traversées.

D’une logique de campagne à une culture de sécurité

Plus qu’un atelier, la rencontre d’Owendo marque un changement d’échelle. L’objectif affiché est clair : passer d’actions de sensibilisation ponctuelles à un dispositif permanent, structuré et mesurable.

À court terme, les parties prenantes visent :

une meilleure compréhension des risques ferroviaires par les riverains ;

un engagement institutionnel renforcé des communes ;

la constitution formelle d’associations communautaires ;

l’élaboration d’une feuille de route commune, attendue le 18 février.

En repositionnant la sécurité ferroviaire comme un projet collectif, la SETRAG envoie un signal fort : la performance industrielle et la responsabilité sociétale ne sont plus pensées séparément.

Car le rail ne traverse pas seulement des territoires économiques. Il traverse des quartiers, des familles, des trajectoires de vie.
Et c’est dans cet équilibre entre développement et vigilance que se construit, désormais, la crédibilité de l’entreprise.

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