À Libreville, le commerce anarchique continue d’occuper l’espace public malgré les opérations répétées des autorités. Face à cette persistance, la mairie durcit sa stratégie et intensifie les interventions sur le terrain, relançant le débat sur la régulation de l’économie informelle.
À Libreville, la lutte contre le commerce anarchique connaît une nouvelle montée en intensité. Malgré plusieurs campagnes de sensibilisation et des opérations de déguerpissement successives, les installations informelles restent visibles dans de nombreux points stratégiques de la capitale.
Cette persistance pousse désormais la mairie à durcir son approche et à renforcer la présence des équipes sur le terrain, dans une logique de contrôle plus systématique de l’espace urbain.
Des brigades mobiles en première ligne
Pour faire respecter les règles d’occupation de la voie publique, la Direction générale des affaires économiques (DGAE) s’appuie désormais sur un dispositif renforcé de brigades mobiles.
Déployées dans plusieurs quartiers de la capitale, ces équipes effectuent des descentes régulières, parfois inopinées, avec pour objectif de reprendre progressivement le contrôle des espaces publics.
Leur action s’articule autour de trois priorités :
libérer les trottoirs et voies publiques occupés illégalement, encadrer les activités commerciales, et faire respecter les normes d’organisation urbaine.
Le 14 avril 2026, ces unités ont une nouvelle fois été déployées sur le terrain, illustrant la continuité de cette stratégie. Sous la supervision des responsables de la DGAE, les opérations se poursuivent dans un contexte souvent complexe, marqué par des tensions entre impératifs réglementaires et réalités sociales.
Entre ordre urbain et économie de survie
Derrière ces opérations, une réalité plus large se dessine : celle de l’économie informelle, qui reste une source de revenus essentielle pour une partie importante de la population urbaine.
À Libreville comme dans de nombreuses capitales africaines, ces activités se développent en réponse au manque d’emplois formels et à la pression démographique.
La question dépasse donc le simple cadre du maintien de l’ordre. Elle pose un enjeu structurel : comment réguler l’espace public sans fragiliser des milliers de ménages dépendants de ces activités ?
Une politique urbaine sous contrainte
En intensifiant les opérations de terrain, la mairie affiche sa volonté de restaurer un cadre urbain plus structuré et conforme aux règles d’aménagement.
Mais cette stratégie met en lumière une équation délicate : concilier modernisation de la ville, respect des règles d’urbanisme et prise en compte des réalités sociales.
Sans dispositifs d’accompagnement ou solutions alternatives durables, la répétition des opérations risque de maintenir un cycle de tensions récurrentes entre autorités et commerçants.
Un test pour la gouvernance locale
La situation actuelle apparaît ainsi comme un véritable test pour la gouvernance urbaine à Libreville.
Entre fermeté réglementaire et nécessité d’adaptation au terrain, la mairie cherche encore un équilibre durable.
Un défi que rencontrent de nombreuses métropoles africaines confrontées aux mêmes dynamiques : organiser la ville sans exclure ceux qui en font vivre l’économie quotidienne.













