Port-Gentil reste le symbole d’une crise sociale qui n’en finit pas. Près de 45 familles d’anciens travailleurs occupent toujours les locaux de l’ancienne direction générale de Satram-EGCA, au feu rouge Bicig, dans le troisième arrondissement.
Installés sur ce site depuis plusieurs années, ces hommes et ces femmes expliquent avoir trouvé refuge dans cet ancien siège après leur expulsion de leurs logements. Ils affirment que cette situation découle directement du non-paiement de 70 mois d’arriérés de salaires. Pour ces familles, Satram-EGCA est devenu le visage d’une longue descente dans la précarité.
« Pour faire face à cette crise, nous avons décidé de nous installer ici après avoir été chassés par nos bailleurs », témoigne Charles Aude Kombila, employé au département maritime.
À l’extérieur, le bâtiment présente un état avancé de dégradation, envahi par la végétation. À l’intérieur, la réalité de Satram-EGCA apparaît encore plus alarmante : absence totale d’électricité, obscurité permanente et promiscuité extrême.
Pour Dimitri Fouafoua, cette situation dure depuis trop longtemps.
« Cela fait neuf ans que nous vivons dans cette précarité. Nous ne pouvons ni scolariser nos enfants ni leur garantir des soins médicaux », déplore-t-il.
Les familles disent avoir multiplié les appels à l’aide, sans réponse durable. Elles rappellent que Pascal Houangni Ambouroue, alors ministre délégué à l’Économie et aujourd’hui maire de Port-Gentil, aurait été l’un des rares responsables à leur apporter une assistance.
Malgré cela, Satram-EGCA demeure l’un des drames sociaux les plus silencieux de la capitale économique gabonaise.
Face à cette situation, les anciens employés placent désormais leurs derniers espoirs dans une intervention du Président de la République. Pour les familles concernées par Satram-EGCA, l’urgence n’est plus seulement salariale : elle est devenue humaine, sociale et vitale.






