Libreville, juin 2024. Les tensions au sein de la communauté musulmane du Gabon prennent de l’ampleur. Un différend oppose actuellement le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon à des imams affiliés au Regroupement des Musulmans pour l’Education et le Développement, ces derniers dénonçant des pressions et menaces de destitution.
Des accusations d’intimidation
Dans un communiqué récent, les imams du RE.M.E.DE affirment être victimes d’intimidations de la part du CSAIG. Le Imam Abd Mombakala a exprimé de vives inquiétudes face à cette situation : « Le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité est la seule autorité compétente pour superviser les associations à caractère religieux. »
Selon lui, le CSAIG ne dispose d’aucune autorité hiérarchique sur les autres structures religieuses.
Un débat sur le statut du CSAIG
Au cœur de la crise, la question du statut du CSAIG suscite de fortes divergences. Les déclarations de Tidjani Baba Gana, qui présente le CSAIG comme une « institution étatique », sont contestées.
L’Imam Abd Mombakala rejette cette interprétation : « Le CSAIG reste une association comme les autres et ne peut exercer une tutelle sur les lieux de culte. »
Il critique également une dérive dans la gouvernance religieuse : « Cette structure semble plus intéressée par l’utilisation de l’islam à des fins personnelles que par le service de la religion. »
Un cadre légal rappelé
Les imams du RE.M.E.DE s’appuient sur la législation en vigueur pour défendre leur position. Ils rappellent que toutes les associations religieuses sont régies par la loi 35/62 du 10 décembre 1962, qui garantit leur existence légale sans établir de hiérarchie entre elles. Chaque organisation a ainsi déclaré ses lieux de culte auprès du ministère compétent, dans le respect des textes.
Une défense de la liberté religieuse
Face à ce qu’ils qualifient de dérives autoritaires, les imams revendiquent leur droit à la liberté d’association. Dans leur communiqué, ils lancent un appel : « Nous appelons la communauté nationale et internationale à prendre acte des menaces qui pèsent sur notre liberté religieuse. »
Une crise révélatrice de tensions internes
Cette crise met en lumière les fractures internes au sein de la communauté musulmane gabonaise. Entre interprétations divergentes des textes, luttes d’influence et enjeux de gouvernance, la situation soulève des questions plus larges sur l’organisation du culte et le respect des équilibres institutionnels.
À travers cet appel à la vigilance, les imams espèrent rétablir un climat apaisé, fondé sur le respect du droit et la coexistence pacifique des différentes sensibilités religieuses au Gabon.




