Oyem / Makokou, juin 2025. Le conflit homme-faune au Gabon atteint un niveau préoccupant, notamment dans la zone de la TRIDOM. Les éléphants, en migration, détruisent de plus en plus de cultures vivrières, mettant en danger les populations rurales.
Entre 2016 et 2023, plus de 13 000 villageois ont été affectés par ces incursions. Dans le même temps, une centaine d’éléphants ont été tués en représailles. Cette situation souligne l’urgence de trouver des solutions durables.
Une mission de terrain pour comprendre le conflit homme-faune au Gabon
Pour répondre à cette crise, les ONG Conservation Justice et SCOOPS-ELABE ont mené une mission de terrain du 11 mai au 22 juin 2025.
Les équipes ont travaillé autour des parcs nationaux de Minkébé, Mwagna et Ivindo, situés dans le paysage transfrontalier TRIDOM. Leur objectif était clair : identifier les zones à risque et proposer des solutions adaptées.
Les résultats ont été présentés lors d’ateliers organisés à Oyem et Makokou, en présence des autorités locales et des partenaires techniques.
Des zones agricoles fortement exposées
Les experts ont identifié plusieurs zones où les animaux sauvages pénètrent régulièrement dans les cultures. Les éléphants ne sont pas les seuls concernés. D’autres espèces comme les porc-épics, les singes ou encore les hérissons causent aussi des dégâts.
Selon le Dr Steeve Ngama, la situation s’explique par deux facteurs principaux : la proximité des aires protégées et l’expansion agricole non planifiée.
Ainsi, le conflit homme-faune au Gabon s’intensifie à mesure que les espaces naturels et agricoles se chevauchent.
Les clôtures électriques mobiles comme solution
Parmi les solutions proposées, les clôtures électriques mobiles suscitent un fort intérêt. Déployées par l’ONG Space for Giants, elles permettent de protéger les champs grâce à un système alimenté par énergie solaire.
Selon les données présentées, ces dispositifs réduisent les incursions d’éléphants de 70 % dès la première saison agricole.
Cette solution apparaît donc comme une réponse concrète au conflit homme-faune au Gabon, notamment dans les zones les plus exposées.
Un plan d’action global en préparation
En parallèle, les autorités gabonaises travaillent sur un plan plus large. Celui-ci inclut la création de brigades spécialisées pour intervenir rapidement en cas de conflit.
D’autres mesures sont également prévues :
- des patrouilles mixtes entre villageois et agents des Eaux et Forêts ;
- des campagnes de sensibilisation ;
- la collecte de données pour améliorer les politiques publiques.
Toutefois, la stratégie nationale de gestion du conflit homme-faune, finalisée en 2024, n’est toujours pas officiellement adoptée.
Une urgence pour les populations rurales
Sur le terrain, les populations attendent des actions concrètes. Les agriculteurs, notamment dans le nord du pays, subissent directement les conséquences de ces conflits.
Les partenaires internationaux, comme l’Union européenne et UK International Development, continuent de soutenir les initiatives. Cependant, ils insistent sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs.
Vers un nouvel équilibre entre l’homme et la faune
Le déploiement progressif des clôtures électriques pourrait marquer un tournant. Si leur efficacité se confirme, elles pourraient transformer durablement la gestion du conflit homme-faune au Gabon.
À terme, l’objectif est clair : permettre une cohabitation apaisée entre les populations rurales et la faune sauvage, dans une région où les enjeux écologiques et humains sont étroitement liés.




