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Édito : Conseil des ministres du 8 septembre 2025, l’État entre rigueur et réformes

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Le Conseil des ministres du 8 septembre 2025, présidé par le Chef de l’État, Général Brice Clotaire Oligui Nguema, restera sans doute comme l’un des plus structurants de ce début de Transition. Au-delà des communiqués habituels, ce Conseil a été porteur d’un signal fort : celui d’un État décidé à conjuguer rigueur budgétaire, réformes institutionnelles et réponses sociales.

La première décision marquante concerne la gouvernance publique. L’annonce de la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation des politiques publiques témoigne d’une volonté de rompre avec une gestion administrative opaque et peu redevable. En plaçant la transparence et la responsabilité au cœur de l’action gouvernementale, l’Exécutif répond à une exigence de confiance exprimée depuis longtemps par les citoyens. C’est une évolution majeure, car elle institue une culture nouvelle : celle de l’obligation de rendre compte.

Sur le plan économique et financier, le Conseil a validé un plan de rationalisation de la dépense publique. Dans un contexte où les ressources demeurent contraintes, l’État choisit la discipline. La réduction des charges non prioritaires et l’amélioration de la mobilisation des recettes internes constituent des décisions courageuses, mais nécessaires. Elles traduisent la volonté de sortir d’un modèle économique dépendant des aléas extérieurs et d’inscrire la gestion budgétaire dans une logique de soutenabilité. L’accent mis sur la gouvernance des entreprises publiques, souvent décriées pour leur inefficacité, vient renforcer cette orientation.

Les infrastructures, quant à elles, ont été placées au centre des priorités. Routes, énergie, services sociaux : les chantiers annoncés répondent à une double exigence, celle de l’intégration nationale et de l’attractivité économique. Le Gabon, riche en ressources mais confronté à des inégalités territoriales fortes, a besoin de ces investissements structurants pour améliorer la mobilité, stimuler les échanges et offrir aux populations des conditions de vie dignes.

Enfin, la dimension sociale n’a pas été reléguée au second plan. La réhabilitation des établissements scolaires et le renforcement du secteur de la santé traduisent une volonté claire : celle d’investir dans le capital humain. Car il n’y a pas de développement durable sans une population éduquée et en bonne santé. Ces décisions répondent à une demande pressante des familles et des communautés, pour qui l’accès à des services de qualité demeure une priorité absolue.

Ce Conseil des ministres apparaît ainsi comme un moment de synthèse : il articule la nécessité de réformer avec celle de répondre aux urgences sociales. L’État ne peut plus se contenter de gérer le présent, il doit bâtir l’avenir. Les choix opérés traduisent une orientation stratégique, mais la véritable épreuve résidera dans leur exécution. Les réformes annoncées n’auront de valeur que si elles produisent des résultats tangibles dans la vie des citoyens.

En somme, le Conseil du 8 septembre 2025 dessine un cap : celui d’une Ve République qui cherche à se construire sur la rigueur, la transparence et la responsabilité. Les décisions prises posent des jalons solides, mais elles exigent constance, suivi et courage politique. Car gouverner, c’est d’abord transformer les promesses en actes. Et c’est à cette épreuve que sera jugée la Transition.

Justin Mbatchi 

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