Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a franchi une nouvelle étape dans la gestion des préoccupations du secteur universitaire en réunissant, ce mercredi, l’ensemble des partenaires sociaux autour d’une table de concertation. Conduite par le ministre, le Pr Charles Edgar Mombo, cette rencontre vise à traiter les revendications récurrentes liées aux carrières, à la solde et au fonctionnement administratif des personnels universitaires.
Une concertation stratégique pour apaiser les tensions universitaires
Dans un contexte marqué par des tensions sociales récurrentes au sein des universités gabonaises, le gouvernement a choisi la voie du dialogue institutionnel.
Autour du ministre Charles Edgar Mombo, plusieurs responsables administratifs ont participé aux échanges, notamment :
- la Secrétaire générale du ministère, Pr Georgette Ngabolo épouse Mapaga
- l’Inspecteur général des services, Pr Eugénie Eyeang
- des représentants de la Solde
- des responsables de la programmation budgétaire
Cette configuration traduit une volonté de traiter les revendications à la fois sur le plan administratif, statutaire et financier.
Les syndicats universitaires présents à la table des négociations
Les partenaires sociaux représentés lors de cette rencontre comprenaient :
- Collectif Intelligentsia
- FRAPES
- SNEC-IST
- SNEC-UOB
Ces organisations portent depuis plusieurs années les préoccupations des enseignants, chercheurs et personnels administratifs du supérieur.
Les principales revendications du secteur universitaire
Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers jugés prioritaires :
1. Intégrations à la Fonction publique
Les syndicats dénoncent les lenteurs dans l’intégration administrative de nombreux agents recrutés ou en attente de régularisation.
2. Reclassements CAMES
La prise en compte des promotions académiques obtenues dans le cadre du CAMES reste une revendication centrale.
3. Mise en solde des agents
Le traitement des dossiers de mise en solde demeure un point sensible, avec des retards impactant directement les revenus des personnels concernés.
4. Gestion globale des carrières
Les syndicats demandent une meilleure fluidité dans le suivi administratif des dossiers du personnel enseignant et non enseignant.
Un enjeu majeur pour la stabilité des universités
Ces revendications dépassent le simple cadre salarial.
Elles concernent également :
- la reconnaissance des carrières académiques
- la motivation des enseignants-chercheurs
- la stabilité du calendrier universitaire
- la qualité du service public universitaire
- l’attractivité du métier d’enseignant
Dans un contexte de hausse continue des effectifs étudiants, la gestion du capital humain devient un enjeu stratégique.
Le ministre appelle à suspendre tout préavis de grève
Au cours des échanges, le ministre Charles Edgar Mombo a insisté sur la nécessité de suspendre tout préavis de grève pendant la phase de négociation.
L’objectif affiché est clair :
- préserver la continuité pédagogique
- protéger les étudiants contre de nouvelles perturbations
- sécuriser l’année académique
- instaurer un climat de confiance
Création d’une commission tripartite
L’annonce majeure de la rencontre concerne la mise en place d’une commission tripartite réunissant :
- le ministère de l’Enseignement supérieur
- le ministère du Budget
- le ministère de la Fonction publique
Cette instance aura pour mission d’accélérer notamment :
- les dossiers de mise en solde
- les intégrations administratives
- les reclassements statutaires
- le suivi des dossiers en attente
Restaurer la confiance entre administration et universités
Le gouvernement s’est également engagé à améliorer le suivi administratif des dossiers relatifs aux carrières universitaires.
Si ces mesures sont effectivement appliquées, elles pourraient permettre :
- une réduction des tensions sociales
- un climat plus apaisé sur les campus
- une meilleure gouvernance universitaire
- un regain de confiance entre syndicats et administration
Le capital humain au cœur des priorités nationales
Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large des autorités publiques, qui placent :
- le dialogue social
- la valorisation du capital humain
- la performance éducative
- la stabilité institutionnelle
au cœur des priorités nationales.
L’enseignement supérieur joue un rôle central dans la formation des élites, la recherche scientifique et la compétitivité du pays.
Les prochains mois seront décisifs
Au-delà des annonces, les syndicats attendent désormais des résultats concrets et mesurables.
Les prochains mois permettront d’évaluer :
- le rythme de traitement des dossiers
- la mise en œuvre des engagements pris
- la solidité du dialogue engagé
- l’impact réel sur les universités
La relance du dialogue social dans l’enseignement supérieur marque une tentative sérieuse d’apaisement entre l’État et les acteurs universitaires. Entre revendications anciennes et nouvelles promesses administratives, la réussite de cette démarche dépendra désormais de sa traduction concrète sur le terrain.




