Le 12 novembre 2025, la Cour criminelle spéciale de Libreville a condamné, par contumace, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin à 20 ans de réclusion criminelle pour détournement et blanchiment de fonds publics. Un jugement inédit dans l’histoire politique récente du Gabon.
Libreville, le 21 novembre 2025 – Annoncé au terme de plusieurs jours d’audience, le verdict rendu le 12 novembre par la Cour criminelle spéciale dans le dossier dit « Bongo Valentin » a marqué un moment charnière pour la justice gabonaise. L’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba et son fils, Noureddin Bongo Valentin, ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle, assortis de lourdes amendes et de réparations au profit de l’État gabonais, pour détournement et blanchiment de fonds publics, association de malfaiteurs et faux en écriture.
Jugés par contumace, les deux principaux accusés n’étaient pas présents à Libreville. Installés à l’étranger, ils font désormais l’objet de mandats d’arrêt internationaux, tandis que leurs biens identifiés – comptes bancaires, participations et propriétés de luxe – sont visés par des mesures de saisie et de confiscation au titre des dommages causés au Trésor public.
Autour de ce « procès de la Young Team », plusieurs anciens hauts responsables de l’appareil d’État ont, eux aussi, été fixés sur leur sort, certains écopant de peines de prison, d’autres bénéficiant d’acquittements ou de remises en liberté, comme l’ont détaillé l’AGP et la presse locale.
Les avocats de la défense ont annoncé leur intention de faire appel, dénonçant un « procès politique » et mettant en avant, selon eux, des irrégularités de procédure. À l’inverse, une partie de l’opinion publique voit dans ce dossier la traduction concrète des promesses de rupture faites après la fin du régime Bongo, avec une volonté affichée de s’attaquer frontalement à l’impunité des élites.
Au-delà des noms et des peines, ce procès sera observé comme un test : celui de la capacité des institutions judiciaires à mener jusqu’au bout les grandes affaires financières, dans le respect des droits de la défense, et à restaurer la confiance des Gabonais dans la gestion des deniers publics.













