BRUXELLES — Dans une décision marquant un tournant majeur des relations transatlantiques, le Parlement européen a annoncé ce mercredi 21 janvier 2026 la suspension du processus de ratification de l’accord commercial avec les États-Unis. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Bruxelles et Washington, suscitées par les menaces tarifaires répétées de l’administration Trump.
L’accord, conclu en juillet 2025 à Turnberry, visait à réduire les barrières commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis, notamment par l’élimination de droits de douane sur les biens industriels. Son gel constitue une réaction directe des principaux blocs politiques du Parlement européen — PPE, S&D et Renew — aux menaces d’imposition de tarifs douaniers de 10 % dès le 1ᵉʳ février 2026, pouvant atteindre 25 % à l’été, sur les importations européennes.
Selon Bernd Lange, président de la commission du Commerce international du Parlement européen, ces pressions mettent en péril la stabilité et la prévisibilité des relations commerciales transatlantiques, et justifient la suspension de l’accord. « On ne négocie pas sous la menace », a-t-il déclaré, soulignant que la décision relève d’une question de souveraineté économique pour l’Union européenne.
Le gel de l’accord ne se limite pas à un simple arrêt du processus de ratification. La Commission européenne prépare également des contre-mesures ciblées sur des produits américains, avec une activation potentielle dès le 7 février 2026. Les secteurs concernés comprennent notamment l’automobile, l’agriculture et les technologies de pointe, des domaines stratégiques pour l’économie européenne et américaine.
Cette situation, exacerbée par les tensions autour du dossier du Groenland, pourrait ouvrir la voie à une guerre commerciale transatlantique. Les marchés mondiaux ont déjà réagi avec prudence, traduisant l’inquiétude des investisseurs face à une escalade des conflits douaniers entre les deux premières puissances économiques mondiales.
La suspension de l’accord commercial souligne l’importance de la diplomatie économique dans la définition des relations internationales et rappelle que les instruments commerciaux peuvent devenir des leviers de pression stratégique. Le monde observe désormais attentivement la Maison-Blanche, dont la réaction dans les prochains jours sera déterminante pour l’avenir des échanges transatlantiques.













