00:00:00
Chargement...
--°C
Libreville, Gabon
Chargement...

Secteur pétrolier : le chef de l’État annonce une médiation directe pour apaiser la crise sociale

Partager :

Port-Gentil, 26 janvier 2025. Le dossier social du secteur pétrolier pourrait connaître un tournant décisif. En déplacement à Port-Gentil, le lundi 26 janvier 2025, la ministre en charge du Travail, du Plein Emploi et de la Formation professionnelle a annoncé, au nom du chef de l’État, la tenue prochaine d’une rencontre entre le Président de la République et les organisations syndicales du secteur pétrolier, dans un contexte marqué par des tensions persistantes et des préavis de grève récurrents.

La rencontre s’est tenue dans la salle polyvalente du gouvernorat de l’Ogooué-Maritime, en présence du gouverneur de province, Françoise Assengone Obame, et des représentants syndicaux. Porteuse d’un message présidentiel, la ministre a indiqué que cette audience pourrait se tenir « certainement mercredi », sous réserve de l’agenda du chef de l’État.

Cette initiative vise à mettre fin à un climat social jugé préoccupant, qui perdure depuis plusieurs années et affecte durablement la performance et la stabilité des entreprises pétrolières. Pour les autorités, l’enjeu est désormais d’instaurer un dialogue social plus structuré, fondé sur l’écoute et la responsabilité partagée.

Un secteur fragilisé par des conflits à répétition

Dans son intervention, la ministre a dressé un diagnostic sans concession : le secteur pétrolier est enlisé dans une dynamique de confrontation permanente. Une situation qui, selon elle, nuit à la compétitivité des entreprises et à la sérénité des travailleurs. « Les entreprises ne peuvent être performantes lorsqu’elles évoluent sous la menace constante de conflits sociaux », a-t-elle souligné, appelant à l’instauration d’un dialogue social apaisé, régulier et constructif.

Elle a insisté sur le caractère non unilatéral du dialogue, qui doit associer l’État, les employeurs et les organisations syndicales. À ses yeux, les solutions imposées dans l’urgence ou sous la pression finissent par créer, à moyen terme, de nouvelles sources de crispation.

Pourquoi une implication directe du chef de l’État ?

Interrogée sur les raisons de cette intervention présidentielle, la ministre a reconnu l’existence de mécanismes institutionnels censés encadrer le dialogue social : directions d’entreprises, syndicats, ministères sectoriels et ministère du Travail. En théorie, ces dispositifs devraient suffire à résoudre les différends.

Toutefois, la persistance de la crise depuis près de deux ans, alimentée par des interprétations divergentes des textes juridiques et des tensions répétées, justifie selon elle l’implication directe du chef de l’État. Celui-ci entend aborder le dossier « en connaissance de cause », afin de formuler des orientations claires et éclairées.

La loi 20 au centre des divergences

Au cœur des revendications figure la loi 20, dont l’application continue de susciter de vives controverses. La ministre s’est montrée prudente, reconnaissant que le texte se prête à plusieurs lectures. Certaines revendications syndicales relèvent de son champ d’application, tandis que d’autres en sont exclues.

Elle a par ailleurs admis que cette loi fait partie des textes adoptés dans un contexte de forte pression sociale, ce qui expliquerait les tensions persistantes plusieurs années après sa promulgation. Dans ces conditions, aucune solution immédiate et définitive n’est envisagée, au profit d’une approche pragmatique fondée sur une interprétation réaliste du texte et des situations concrètes.

Les syndicats entre ouverture et vigilance

Du côté des organisations syndicales, l’annonce de cette rencontre présidentielle a été accueillie avec une prudence mesurée. Les représentants ont salué la volonté du chef de l’État de s’impliquer personnellement, réaffirmant leur disponibilité à œuvrer pour une sortie durable de crise.

Ils ont toutefois soulevé plusieurs préoccupations pratiques, notamment les modalités de déplacement à Libreville, la composition des délégations et les conditions d’hébergement. Certains responsables syndicaux ont également évoqué des difficultés à obtenir l’autorisation de quitter leur poste.

Plus préoccupant encore, des syndicalistes ont dénoncé des pressions internes au sein de certaines entreprises, allant jusqu’à des menaces de sanctions disciplinaires. Ils ont sollicité l’appui du ministère afin que des garanties officielles soient accordées aux travailleurs appelés à participer aux réunions institutionnelles.

Un dialogue attendu, aux enjeux dépassant le secteur

La rencontre annoncée avec le chef de l’État apparaît comme une séquence déterminante dans un dossier devenu emblématique des tensions sociales dans le secteur pétrolier. Au-delà des revendications immédiates, l’enjeu porte sur la restauration de la confiance entre l’État, les employeurs et les travailleurs.

Dans un contexte économique sensible, la réussite de cette médiation pourrait contribuer à renforcer la paix sociale, la stabilité des entreprises et la crédibilité du dialogue social. Autant de conditions essentielles pour préserver un secteur stratégique pour l’économie nationale.

À LIRE AUSSI

DERNIÈRES ACTUALITÉS

LES RUBRIQUES

VOTRE PUBLICITÉ ICI

Boostez votre visibilité

Touchez une audience engagée au Gabon et dans la diaspora en plaçant vos bannières sur Gabon Quotidien.

Contactez notre régie

LES PLUS LUS