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22 000 emplois créés dans le secteur privé depuis la Transition : que disent réellement les chiffres ?

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Relance de l'emploi privé au Gabon : décryptage d'une dynamique en marche

Le gouvernement met en avant une hausse de l’emploi privé depuis 2023. Derrière cette annonce, plusieurs défis restent néanmoins à relever pour transformer cette dynamique en croissance durable.

Créer davantage d’emplois constitue l’un des principaux défis économiques du Gabon. Chaque année, plusieurs milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail, tandis que les entreprises recherchent des profils toujours plus qualifiés. Dans ce contexte, les créations d’emplois deviennent un indicateur suivi de près pour mesurer l’efficacité des politiques publiques.

Lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé le 15 juin 2026, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé que près de 22 000 emplois avaient été créés dans le secteur privé depuis la Transition. Il a également indiqué que les effectifs salariés du secteur privé avaient progressé de 2,4 % en 2024, pour atteindre près de 85 900 salariés.

Ces chiffres traduisent une évolution positive. Ils soulèvent toutefois plusieurs interrogations : dans quels secteurs ces emplois ont-ils été créés ? Suffisent-ils à absorber la demande ? Et quelles sont les conditions nécessaires pour poursuivre cette dynamique ?

Le secteur privé au cœur de la stratégie gouvernementale

Pendant plusieurs décennies, la fonction publique est restée le principal débouché professionnel pour de nombreux diplômés gabonais. Cette situation a progressivement montré ses limites avec le gel des recrutements et les contraintes budgétaires de l’État.

Depuis la Transition, le gouvernement affiche une orientation différente : faire du secteur privé le principal moteur de création d’emplois.

Cette stratégie s’appuie sur plusieurs leviers :

  • l’amélioration du climat des affaires ;
  • la diversification de l’économie ;
  • l’encouragement à l’investissement privé ;
  • le développement de l’entrepreneuriat ;
  • le renforcement de la formation professionnelle.

L’objectif est de créer des emplois plus nombreux, mais aussi davantage en phase avec les besoins réels de l’économie.

Des emplois dans des secteurs appelés à se développer

Le discours présidentiel met en avant plusieurs filières considérées comme stratégiques pour les prochaines années.

L’agriculture figure parmi les priorités afin de renforcer la production locale et réduire la dépendance alimentaire. La pêche artisanale, avec le projet Gab-Pêche, doit également générer de nouvelles opportunités dans les zones côtières.

Le gouvernement mise aussi sur l’industrie du bois, les mines, la transformation locale des matières premières, les transports, les infrastructures, les services et le tourisme.

Cette diversification vise à limiter la dépendance historique du pays aux revenus pétroliers tout en créant davantage d’emplois qualifiés.

Pourquoi 22 000 emplois ne suffisent pas encore

Si la création de 22 000 emplois constitue un signal encourageant, elle ne signifie pas pour autant que la question du chômage est résolue.

Chaque année, de nouveaux diplômés et demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail. À cela s’ajoutent les personnes en reconversion professionnelle ainsi que celles qui exercent encore dans le secteur informel faute d’opportunités stables.

Le défi consiste donc à maintenir un rythme soutenu de création d’emplois pendant plusieurs années afin de répondre à cette demande croissante.

Les économistes rappellent également que la qualité des emplois créés est tout aussi importante que leur nombre. Des emplois durables, déclarés et correctement rémunérés ont un impact plus important sur la croissance économique et le niveau de vie des ménages.

L’emploi privé dépend aussi de l’investissement

Le gouvernement souligne régulièrement que les créations d’emplois sont étroitement liées aux investissements réalisés dans le pays.

Les grands projets d’infrastructures, la modernisation des réseaux de transport, le développement des activités minières, l’exploitation de nouveaux gisements pétroliers ou encore la transformation locale des ressources naturelles devraient contribuer à soutenir la demande de main-d’œuvre.

Dans son discours, le chef de l’État a également insisté sur la nécessité d’attirer davantage d’investisseurs nationaux et internationaux, estimant que la diversification économique constitue l’une des clés de la croissance future.

Former pour mieux recruter

Créer des emplois ne suffit pas si les entreprises peinent à trouver les compétences dont elles ont besoin.

C’est pourquoi les politiques publiques mises en avant par le gouvernement associent désormais création d’emplois et développement des compétences.

Les formations financées dans les secteurs porteurs, les actions du PNPE, la plateforme PassEmploi241 ou encore les futures Grandes Assises de l’école des compétences répondent à cette même logique : rapprocher les besoins des employeurs des profils disponibles.

L’enjeu est d’améliorer l’employabilité des jeunes tout en réduisant les difficultés de recrutement rencontrées dans certains métiers techniques.

Une dynamique à confirmer

Les chiffres présentés dans le discours présidentiel témoignent d’une volonté de relancer l’emploi privé après plusieurs années marquées par des difficultés économiques.

La poursuite de cette dynamique dépendra toutefois de plusieurs facteurs : la croissance de l’économie, la confiance des investisseurs, la stabilité du cadre réglementaire, la montée en compétence de la main-d’œuvre et la capacité des entreprises à développer leurs activités.

Au-delà des statistiques, le véritable enjeu reste la création d’emplois durables, capables d’offrir des perspectives professionnelles à une jeunesse qui représente l’une des principales forces du développement du Gabon.

Les prochains bilans permettront de mesurer si les réformes engagées depuis la Transition produisent des effets durables sur le marché du travail et contribuent à réduire progressivement le chômage dans l’ensemble du pays.

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