À Moanda et Bakoumba, l’initiative portée par Compagnie minière de l’Ogooué et Eramet illustre une tendance de fond : faire des métiers de l’environnement un moteur d’insertion professionnelle et de développement durable.
Au Gabon, la question de l’emploi des jeunes s’impose comme un défi central, à la croisée des impératifs économiques et environnementaux. Dans un contexte marqué par la montée en puissance des enjeux climatiques et la nécessité de diversifier les compétences locales, les métiers dits “verts” apparaissent progressivement comme une réponse structurante.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit “Mine The Future”, une initiative organisée les 9 et 10 avril 2026 par Compagnie minière de l’Ogooué, en partenariat avec la Fondation Lékédi Biodiversité, l’École des Mines et de la Métallurgie et Agapéco.
Une immersion au cœur des métiers de demain
Pendant deux jours, près de 150 étudiants issus de plusieurs établissements dont le Centre universitaire de Koulamoutou, l’USTM ou encore des écoles d’ingénieurs ainsi que 60 élèves de troisième venus de Bakoumba et Moanda ont été immergés dans un dispositif pédagogique inédit.
Au programme : fresque des métiers verts, ateliers thématiques (agriculture, eau, biodiversité, déchets, emploi) et conférences consacrées aux liens entre écologie, chaînes de valeur et développement économique.
L’ambition est claire : rendre concrets des métiers encore perçus comme abstraits, et permettre aux jeunes de se projeter dans des trajectoires professionnelles en phase avec les réalités du pays.
Des métiers techniques au cœur des transformations
Océanographe, ingénieur environnement, spécialiste en gestion des déchets, technicien en traitement de l’eau ou encore responsable RSE : autant de professions mises en lumière lors de l’événement.
Longtemps marginalisés dans les imaginaires collectifs, ces métiers apparaissent désormais comme des piliers des économies en transition.
Comme le souligne Eric Willaume : « Travailler dans l’environnement, ce n’est plus seulement aimer la nature. C’est mobiliser des compétences techniques de haut niveau, gérer des projets complexes et répondre à des enjeux économiques et sociaux majeurs. »
Une évolution qui reflète un basculement plus large : celui d’un secteur environnemental en voie de professionnalisation, exigeant expertise, polyvalence et capacité d’innovation.
La jeunesse, catalyseur du changement
Au cœur de l’initiative, la jeunesse gabonaise est envisagée comme un acteur clé des transformations en cours. En réunissant élèves, étudiants, enseignants et experts, “Mine The Future” crée un espace d’échange propice à l’émergence de vocations.
Pour Léod-Paul Batolo, l’enjeu dépasse la simple sensibilisation : « Vous êtes à un moment charnière, celui des choix, mais aussi celui des possibles. Les parcours se construisent et exigent parfois de porter un regard nouveau sur des secteurs appelés à prendre une place croissante. »
Une approche qui mise sur l’information, l’accompagnement et la projection concrète pour orienter les choix professionnels.
Entre ressources naturelles et développement durable
À travers cette initiative, Compagnie minière de l’Ogooué s’inscrit dans une stratégie plus large visant à articuler exploitation des ressources naturelles et développement durable.
Dans un pays où le secteur extractif occupe une place structurante, l’enjeu consiste à transformer la rente en opportunités économiques durables, notamment en renforçant les compétences locales.
Le programme s’inscrit ainsi dans la dynamique RSE du groupe Eramet, notamment à travers son initiative “Act for Positive Mining”, qui vise à concilier performance industrielle et impact positif sur les territoires.
Une dynamique collective ancrée dans les territoires
Partenaire clé de l’événement, Agapéco joue un rôle structurant dans la conception des formats participatifs. Issu du mouvement COP3 étudiante, le collectif s’est illustré par sa capacité à mobiliser les ახალგაზრდ autour des enjeux de transition écologique.
Son approche repose sur la co-construction et l’ancrage territorial, deux dimensions essentielles pour garantir la pérennité des initiatives.
Vers un écosystème de compétences durables
Au-delà de l’événement, “Mine The Future” s’inscrit dans une réflexion plus large sur la structuration d’un écosystème de compétences au Gabon.
Car l’enjeu est désormais clair :
- former une génération capable de répondre aux défis environnementaux
- créer des passerelles entre formation et emploi
- et faire des ressources naturelles un levier de transformation économique
Dans cette perspective, l’initiative apparaît comme un laboratoire à ciel ouvert, où se dessinent les contours d’un modèle de développement plus inclusif et durable.













