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Logement et foncier : l’État face à l’épreuve de la propriété pour tous

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Le 9 février 2026, au Palais présidentiel, l’audience accordée par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, au ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, accompagné de la direction générale de l’ANUTTC, n’avait rien d’anodin. Derrière le protocole, c’est une question profondément sociale qui était posée : celle du droit effectif des Gabonais à sécuriser la terre qu’ils occupent.

Dans un pays où la croissance urbaine s’est accélérée plus vite que la régularisation foncière, la propriété reste pour beaucoup un horizon incertain. Des quartiers entiers se sont construits au fil des ans sans que les situations administratives ne soient clarifiées. Résultat : insécurité juridique, conflits familiaux, difficultés d’accès au crédit, sentiment d’injustice. C’est à cette réalité concrète que l’exécutif entend désormais s’attaquer.

5 000 titres à court terme, 50 000 à terme : un enjeu de confiance

L’annonce de la délivrance de 5 000 titres fonciers dans un délai de deux mois, avec une cible globale de 50 000 dossiers, constitue un signal politique fort. Au-delà des chiffres, l’enjeu est double.

D’une part, il s’agit de transformer des occupants en propriétaires reconnus par la loi. Le titre foncier n’est pas qu’un document administratif : il protège contre les expulsions arbitraires, clarifie les limites des parcelles et réduit les contentieux. Il stabilise les familles et pacifie les rapports sociaux autour de la terre.

D’autre part, le titre foncier ouvre des perspectives économiques. Dans un système bancaire structuré, la propriété formalisée devient un actif mobilisable. Elle peut servir de garantie pour un prêt, soutenir un projet entrepreneurial ou constituer un patrimoine transmissible. En ce sens, la régularisation foncière dépasse la seule question du logement : elle touche à l’inclusion financière et à la mobilité sociale.

Réformer l’administration pour restaurer la crédibilité publique

La portée de cette initiative dépendra cependant de la capacité de l’administration à rompre avec des pratiques longtemps décriées. Les lourdeurs procédurales, la multiplication des intermédiaires et les soupçons de corruption ont, au fil des années, fragilisé la confiance des citoyens dans le système foncier.

L’instruction présidentielle visant à instaurer un guichet unique marque une volonté de simplification. L’objectif affiché est clair : centraliser les démarches, réduire les délais, limiter les points de friction. Pour de nombreux usagers, cette réforme pourrait signifier la fin d’un parcours administratif éprouvant.

Mais au-delà de l’outil, c’est une culture de service public qui est en jeu. Une administration perçue comme un partenaire plutôt qu’un obstacle constitue un levier majeur de légitimité institutionnelle. En plaçant la question foncière au cœur de l’agenda social, l’exécutif engage ainsi sa crédibilité sur un terrain tangible, mesurable et directement vécu par les populations.

La propriété comme socle du contrat social

En filigrane, cette séquence politique interroge le modèle de développement que le Gabon souhaite consolider. Faire de l’accès sécurisé à la terre un pilier de l’action publique revient à reconnaître que la stabilité d’une nation repose aussi sur la sécurité patrimoniale de ses citoyens.

Pour les familles concernées, l’enjeu n’est pas théorique. Il s’agit de savoir si la maison construite au prix de sacrifices sera durablement protégée, si les enfants hériteront d’un bien reconnu, si les conflits de voisinage pourront être tranchés sur des bases claires.

À travers la dynamique engagée, l’État tente de répondre à une aspiration simple mais essentielle : celle de pouvoir s’enraciner légalement sur sa propre terre. La réussite de cette politique dépendra de sa mise en œuvre effective, de sa transparence et de sa capacité à toucher les publics les plus vulnérables.

En plaçant le logement et le foncier au centre du débat, les autorités rappellent qu’au-delà des infrastructures et des grands projets, le développement se mesure aussi à la sécurité quotidienne des citoyens. C’est sur ce terrain concret que se jouera, en partie, la solidité du nouveau pacte social.

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