À Ouagadougou, la célébration du 47e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique iranienne a pris, cette année encore, une dimension à la fois mémorielle et diplomatique. Organisée le 10 février 2026 par l’ambassade de la République islamique d’Iran au Burkina Faso, la cérémonie a réuni autorités burkinabè, membres du corps diplomatique et ressortissants iraniens autour d’un message central : la souveraineté comme principe fondateur des relations internationales.
Au-delà du souvenir de 1979, date marquante de l’histoire contemporaine iranienne, l’événement a offert une tribune aux deux pays pour réaffirmer la convergence de leurs positions sur la scène internationale.
Une mémoire historique à portée politique
Dans son intervention, l’ambassadeur d’Iran, Mojtaba FaghiHi, est revenu sur le sens de la Révolution islamique, présentée comme un tournant ayant permis à l’Iran d’affirmer son indépendance au prix de sacrifices importants. Il a mis en avant des valeurs de dignité, de résilience et de solidarité, qu’il a rapprochées de celles du peuple burkinabè.
Le diplomate a également salué le leadership du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, évoquant les efforts engagés en matière de sécurité nationale et de développement économique. Il a décrit le Burkina Faso comme un acteur « indépendant, confiant et novateur », engagé dans une diplomatie active aux niveaux régional et international.
Une convergence assumée sur la souveraineté
La présence officielle du gouvernement burkinabè, conduit par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, entouré de plusieurs membres de l’exécutif, a donné à la cérémonie une portée institutionnelle claire.
Au nom du Chef de l’État, le chef de la diplomatie burkinabè a adressé les félicitations du peuple burkinabè aux autorités iraniennes pour le chemin parcouru depuis 1979. Il a insisté sur un principe partagé par les deux capitales : la souveraineté nationale comme fondement non négociable de l’action politique.
Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et des recompositions d’alliances, les deux pays affirment leur attachement à un ordre mondial qu’ils souhaitent « plus juste » et « plus équilibré », fondé sur l’égalité souveraine des États et le respect des choix politiques, économiques et sociaux de chaque nation.
Une coopération en consolidation
Au-delà des déclarations de principe, la relation bilatérale s’inscrit dans une dynamique structurée. Les deux parties ont rappelé la tenue, en 2023 à Ouagadougou, de la Commission économique conjointe, suivie de la première Commission mixte de coopération. Une deuxième session est annoncée cette année à Téhéran, signe d’une volonté de continuité.
Les axes de collaboration évoqués couvrent des domaines stratégiques : défense et sécurité, santé, économie, mais aussi échanges institutionnels réguliers à travers des consultations politiques.
Si les défis internes et internationaux restent nombreux pour les deux États, cette célébration a illustré une volonté commune de renforcer un partenariat fondé sur des affinités politiques et une lecture partagée des enjeux de souveraineté.
Entre mémoire historique et diplomatie contemporaine, la soirée du 10 février à Ouagadougou aura ainsi servi de rappel : pour le Burkina Faso comme pour l’Iran, la coopération bilatérale s’inscrit dans une vision affirmée de l’indépendance nationale et du respect mutuel.













