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Palais de justice de Libreville : 44 nouveaux avocats prêtent serment, sous le sceau de l’exigence

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Libreville, 14 février 2026. La salle d’apparat de la Cour de cassation, au Palais de justice de Libreville, a refusé du monde ce vendredi 13 février. À l’occasion de la prestation de serment de quarante-quatre nouveaux avocats inscrits au petit tableau de l’Ordre national, familles, confrères et autorités ont afflué, donnant à cette audience solennelle une dimension à la fois institutionnelle et profondément humaine.

Une audience au sommet de la hiérarchie judiciaire

La cérémonie s’est tenue sous la présidence du Premier Président de la Cour de cassation, Julienne Olga Nzamba Massounga épouse Tchikaya, entourée du Procureur général près la haute juridiction, Bosco ALABA FALL, ainsi que des présidents de chambres, conseillers et membres du parquet général.

La présence du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Émane, et de son collègue, le Ministre de l’Industrie, Lubin Ntoutoume, ancien bâtonnier, a rehaussé l’éclat de cette audience.

Après l’entrée solennelle de la Cour, les quarante-quatre impétrants ont été introduits à la barre. La lecture de la procédure d’inscription au petit tableau a rappelé le cadre légal et réglementaire strict qui gouverne l’accès à la profession d’avocat au Gabon.

Le rappel ferme des principes déontologiques

Dans ses réquisitions, le Procureur général a insisté sur un point essentiel : si l’Ordre des avocats est une institution libérale et indépendante, il n’en demeure pas moins structuré par la loi, son règlement intérieur et les usages professionnels.

Au-delà de la formule rituelle du serment, il a rappelé que la dignité, la conscience, l’indépendance, la probité et la loyauté constituent l’ossature même de l’exercice professionnel. L’avocat, auxiliaire de justice, n’est pas seulement un technicien du droit ; il est un acteur de l’État de droit, tenu à un comportement irréprochable.

L’appel à la courtoisie envers magistrats, greffiers et confrères, ainsi qu’à la cohésion au sein du Barreau, a résonné comme un avertissement : l’indépendance ne saurait se confondre avec l’indiscipline.

« Un serment ne s’efface pas »

Après la prestation de serment, le Premier Président a prononcé une allocution d’une forte portée institutionnelle. Citant l’article 24 de la loi encadrant la profession d’avocat, elle a souligné que les mots prononcés font désormais des nouveaux inscrits des auxiliaires de justice investis d’une mission qui dépasse leur personne.

« Un serment engage plus qu’une voix ; il engage l’honneur », a-t-elle déclaré, rappelant que cet engagement « traverse le temps » et ne saurait être réduit à un instant cérémoniel.

La robe noire, a-t-elle poursuivi, n’est pas un simple habit professionnel : elle incarne une histoire, une exigence, un honneur. L’éloquence sans éthique n’est qu’un éclat passager ; la défense sans conscience, une simulation.

Dans une formule appelée à marquer les esprits, elle a martelé :
« Un serment ne s’efface pas.
Un serment ne se négocie pas.
Un serment vous accompagne dans la lumière comme dans l’épreuve.
Un serment vous défend.
»

L’adresse s’est conclue sur une mise en garde lucide : si la Cour accueille les nouveaux avocats avec solennité, « demain, la République vous observera avec exigence ».

Une sélection rigoureuse, garante de la crédibilité du Barreau

En clôture, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Gabon, Raymond OBAME SIMA, a détaillé le processus ayant conduit à l’intégration des quarante-quatre nouveaux membres.

Chaque candidature, a-t-il précisé, a été soumise à une analyse minutieuse par le Conseil de l’Ordre, précédée d’une enquête de moralité de plus d’une année menée par la Direction générale des Recherches, puis d’une enquête interne complémentaire. L’inscription au Barreau ne relève ni d’une faveur ni d’une automaticité, mais d’un contrôle strict fondé sur l’honorabilité et la probité.

Les chiffres avancés illustrent cette sélectivité : entre 2014 et 2021, sur 165 demandes enregistrées, 105 seulement ont été acceptées. Une statistique qui témoigne, selon le Bâtonnier, d’une volonté constante de préserver la qualité et la réputation du Barreau national.

Rendant hommage à ses prédécesseurs, notamment Jean Pierre Akumbu et Lubin Ntoutoume, il a rappelé que la cérémonie de ce jour est l’aboutissement d’un travail institutionnel de longue haleine, conduit par les différents Conseils de l’Ordre.

Au-delà de la solennité et des discours, cette audience du 13 février 2026 marque l’entrée de quarante-quatre juristes dans une communauté professionnelle exigeante. Dans une société en quête de confiance dans ses institutions, leur serment apparaît comme un engagement personnel, mais aussi comme une promesse faite à la République : celle de défendre le droit avec rigueur, indépendance et conscience.

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