Le gouvernement gabonais connaît une nouvelle configuration ce dimanche 11 octobre 2026. Hermann Immongault conserve son poste de vice-président du gouvernement, tandis que plusieurs ministères stratégiques changent de responsables. De l’Économie à l’Énergie, en passant par l’Intérieur et l’Éducation nationale, cette nouvelle équipe est désormais attendue sur sa capacité à répondre aux préoccupations des populations.
Le changement est là, mais la continuité demeure au sommet de l’équipe gouvernementale. Hermann Immongault est reconduit au poste de vice-président du gouvernement, dans le cadre du remaniement annoncé ce 11 octobre 2026. Autour de lui, la nouvelle composition de l’exécutif redistribue plusieurs responsabilités, avec des changements dans des secteurs qui pèsent directement sur le quotidien des Gabonais.
L’accès à l’eau et à l’électricité, la vie chère, l’école, la sécurité et la gestion des ressources naturelles figurent parmi les dossiers les plus sensibles. Autant de sujets sur lesquels les nouveaux ministres seront rapidement attendus.
Premier changement notable : Olivier Mouckocko prend la tête du ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie. Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba hérite de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique. À l’Intérieur, Edgard Moukoumbi est nommé ministre de la Sécurité et de la Décentralisation, tandis qu’Augustin Emane prend les commandes de la Justice.
Ces nominations concernent des administrations au contact direct des attentes des citoyens. Pour les ménages, l’enjeu ne se résume pas à connaître le nom du prochain ministre. Il s’agit surtout de savoir si les problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité, les difficultés du système éducatif ou les préoccupations liées à la sécurité trouveront des réponses plus concrètes.
Économie et vie chère : un portefeuille sous pression
Le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, revient à Thierry Minko. Marc Abeghe est nommé ministre délégué auprès de ce département, avec une responsabilité spécifique sur la vie chère.
Cette répartition place le pouvoir d’achat au cœur de l’action économique du gouvernement. Elle réunit, au sein d’un même portefeuille, la gestion des finances publiques, le suivi de la dette et la lutte contre la hausse du coût de la vie. Trois dossiers étroitement liés, mais dont les exigences ne sont pas toujours faciles à concilier.
La difficulté sera de trouver un équilibre entre les contraintes budgétaires de l’État et les attentes des ménages. Les mesures annoncées devront pouvoir se traduire dans la vie quotidienne, notamment sur les prix des produits essentiels et le coût des services.
Le secteur des ressources naturelles connaît également une nouvelle répartition des responsabilités. Clotaire Kondja prend le ministère du Pétrole et du Gaz, tandis que Sosthène Nguema Nguema est nommé aux Mines et aux Ressources géologiques.
Pour un pays dont l’économie reste fortement liée à l’exploitation des ressources naturelles, la question dépasse la seule production. La transformation locale, les recettes publiques, les emplois et les retombées pour les entreprises gabonaises demeurent des enjeux majeurs. La nouvelle équipe sera notamment attendue sur sa capacité à faire davantage bénéficier l’économie nationale de ces activités.
Des dossiers sociaux qui attendent des réponses
Le remaniement touche aussi plusieurs départements essentiels à la conduite des politiques publiques.
À la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou prend la responsabilité du ministère. Pacôme Kossy est nommé à l’Agriculture, à l’Élevage et au Développement. Lambert Mouvinde Millot hérite des Travaux publics et de la Construction, tandis que Mays Mouissi prend en charge le Logement, l’Habitat, l’Urbanisme et le Cadastre.
Ces secteurs concentrent des attentes importantes : amélioration des soins, développement de la production agricole, construction et entretien des infrastructures, accès au logement et organisation des villes. Les résultats dépendront autant des décisions prises que des moyens disponibles et de la capacité des administrations à les mettre en œuvre.
L’emploi et la formation ne sont pas oubliés. Adrien Nguema Mba est nommé au Travail, au Plein Emploi et au Dialogue social. Laurence Mengue Me Nzoghe épouse Ndong prend la Fonction publique et le Renforcement des capacités. Marcelle Ibinga épouse Itsitsa est chargée de l’Enseignement technique, de la Formation et du Perfectionnement professionnel, tandis que Charles Edgard Mombo hérite de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
La coordination entre ces différents départements sera déterminante pour rapprocher la formation des besoins des entreprises et faciliter l’insertion professionnelle des jeunes. Mais les résultats ne se mesureront pas au nombre de programmes annoncés. Ils dépendront aussi des débouchés réellement accessibles aux personnes formées.
Numérique, entrepreneuriat et diversification
La nouvelle équipe accorde également une place à des secteurs susceptibles de soutenir la diversification économique.
Mark-Alexandre Doumba prend le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation, de l’Innovation et des Nouvelles Technologies. Zenaba Gninga Chaning est nommée aux PME-PMI et à l’Entrepreneuriat. Emmanuel Eyeghe Nze devient ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, tout en assurant les fonctions de porte-parole du gouvernement.
Ces portefeuilles touchent à plusieurs leviers de développement : modernisation des services, activité des petites entreprises, transformation des produits et développement du tissu industriel. Leur efficacité dépendra notamment de la cohérence des politiques conduites et de leur traduction en possibilités concrètes pour les entrepreneurs et les investisseurs.
Les autres départements couvrent notamment les affaires étrangères, les affaires sociales, les eaux et forêts, l’environnement et le climat, la pêche, le tourisme, les sports et la culture. Brigitte Onkanowa conserve un rang de ministre d’État à la Défense nationale, tout comme Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, nommé ministre d’État chargé des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique.
Une nouvelle composition, des résultats attendus
Au-delà des changements de titulaires, ce remaniement pose une question simple : qu’est-ce qui changera concrètement dans la conduite de l’action publique ?
La reconduction d’Hermann Immongault assure une continuité à la vice-présidence du gouvernement. Mais les nouveaux responsables devront rapidement prendre leurs marques, s’approprier les dossiers en cours et préciser leurs priorités. Les attentes sont particulièrement fortes dans les domaines où les difficultés sont immédiatement ressenties par les populations.
L’accès aux services essentiels, le coût de la vie, l’emploi et la qualité des infrastructures constitueront des indicateurs concrets pour apprécier l’action de cette équipe. À cela s’ajoute un enjeu de coordination : les politiques économiques, sociales et sectorielles ne pourront produire tous leurs effets si chaque ministère avance isolément.
Le remaniement du 11 octobre ouvre donc une nouvelle séquence pour l’exécutif gabonais. La liste des nominations en fixe le cadre. C’est désormais dans les décisions, leur mise en œuvre et les résultats obtenus que cette nouvelle architecture gouvernementale sera jugée.




