Réunis ce mardi 23 juin au quartier Charbonnages à Libreville, experts, institutions et acteurs sociaux ont plaidé pour un renforcement des droits et de l’autonomisation économique des conjoints survivants.
À l’occasion de la Journée internationale des veuves célébrée ce mardi 23 juin 2026, l’ONG GraceLand a organisé au quartier Charbonnages, à Libreville, une rencontre d’échanges et de sensibilisation consacrée à la situation des veuves, des veufs et des orphelins au Gabon.
Placée sous le thème international « Justice, dignité et autonomie économique pour les veuves », cette édition 2026 s’est articulée autour du sous-thème retenu par GraceLand : « Lutte contre la pauvreté et la discrimination des veuves à travers la promotion de leurs droits et leur autonomisation ».
L’événement a réuni des représentants des institutions de la République, des juristes, des psychologues, des responsables religieux, des acteurs sociaux ainsi que des représentants de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), venus partager leurs expertises et leurs expériences sur les défis auxquels sont confrontés les conjoints survivants.
Le veuvage, une question de justice sociale
Au cours des travaux, les différents intervenants ont mis en lumière les difficultés auxquelles de nombreuses veuves continuent de faire face, notamment en matière d’accès à leurs droits, de protection sociale et de sécurité économique.
Les échanges ont également permis de rappeler les dispositions légales existantes au Gabon pour protéger les conjoints survivants, tout en soulignant la nécessité de renforcer leur application effective sur le terrain.
Dans son discours de clôture, Elisabeth NGOUA MBINA, présidente de l’ONG GraceLand, a insisté sur le fait que la problématique du veuvage dépasse le simple cadre familial.
« Les échanges de ce jour ont permis de mettre en lumière les nombreuses réalités auxquelles sont confrontés les conjoints survivants dans notre pays. Ils ont également démontré que la question du veuvage ne relève pas seulement de la sphère familiale, mais constitue un véritable enjeu de justice sociale, de dignité humaine et de développement », a-t-elle déclaré.
Lutter contre la spoliation et la précarité
Parmi les préoccupations soulevées lors de cette journée figurent les pratiques de spoliation dont certaines veuves sont encore victimes après le décès de leur conjoint, ainsi que les difficultés financières et sociales qui peuvent en découler.
Les témoignages recueillis au cours de la rencontre ont illustré la vulnérabilité de nombreuses familles confrontées à la perte d’un parent, particulièrement lorsque les mécanismes de protection et d’accompagnement demeurent insuffisants.
Juristes, psychologues, responsables religieux et représentants de la CNSS ont lancé un appel commun en faveur d’un renforcement des dispositifs de soutien aux veuves, aux veufs et aux orphelins.
L’autonomisation économique comme levier de résilience
Au-delà de la protection juridique, les participants ont souligné l’importance de l’autonomisation économique pour permettre aux veuves de reconstruire leur vie et de subvenir durablement aux besoins de leurs familles.
Pour les intervenants, l’accès à la formation, à l’entrepreneuriat et aux activités génératrices de revenus constitue un levier essentiel pour lutter contre la pauvreté et réduire les situations de dépendance économique.
Dans cette perspective, GraceLand entend poursuivre ses actions de sensibilisation et son plaidoyer en faveur d’un meilleur accompagnement des personnes touchées par le deuil.
Transformer les recommandations en actions
À l’issue des travaux, Mme NGOUA MBINA a appelé l’ensemble des acteurs publics, privés et associatifs à poursuivre leur mobilisation afin que les recommandations formulées lors de cette journée se traduisent par des mesures concrètes.
« Derrière chaque veuve se trouve une femme qui mérite respect, considération et accompagnement. Derrière chaque orphelin se trouve un enfant qui mérite protection et espoir », a-t-elle conclu.
Réaffirmant l’engagement de GraceLand en faveur de la dignité, de la justice et de l’autonomisation des veuves, la présidente de l’organisation a souhaité que cette Journée internationale des veuves 2026 marque une nouvelle étape dans la prise en compte des droits et des besoins des conjoints survivants au Gabon.
Pour les participants, le défi consiste désormais à transformer les réflexions et recommandations formulées lors de cette rencontre en actions durables au bénéfice des veuves, des veufs et des orphelins du pays.




