Libreville, 10 mai 2026 — Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a conduit une délégation américaine en visite officielle sur une plantation d’Iboga de trois hectares située à Bikelé, en périphérie de Libreville.
Cette immersion de terrain illustre la volonté du Gabon de promouvoir une gestion durable de ses ressources naturelles et de développer des partenariats internationaux autour d’un patrimoine végétal à forte valeur culturelle, spirituelle et économique.
Une visite stratégique autour de l’Iboga à Bikelé
Organisée dans le cadre de la stratégie nationale de valorisation responsable des ressources forestières, cette visite visait à mettre en lumière le potentiel de l’Iboga, plante emblématique du patrimoine gabonais.
À travers cette initiative, les autorités entendent :
- faire connaître le potentiel économique et scientifique de l’Iboga ;
- attirer des partenariats structurants ;
- renforcer la préservation de la ressource ;
- promouvoir une exploitation durable ;
- protéger les savoirs traditionnels associés.
« La valorisation de l’Iboga doit impérativement s’inscrire dans une logique de durabilité et de respect des traditions », a indiqué un responsable présent lors de la visite.
Deux variétés majeures cultivées sur le site
La plantation visitée couvre trois hectares et comprend deux parcelles principales dédiées aux variétés les plus connues.
L’Iboga Mebang
La première parcelle, d’un hectare, est consacrée à l’Iboga Mebang, variété profondément enracinée dans les pratiques culturelles et spirituelles gabonaises.
Elle intervient notamment dans plusieurs cérémonies initiatiques telles que :
- Ombouiri ;
- Bwiti ;
- Bilombo ;
- Dissumba.
Cette variété occupe une place centrale dans les traditions ancestrales du pays.
L’Iboga Mevoe
La seconde parcelle est dédiée à l’Iboga Mevoe, réputée pour son goût particulièrement amer.
Elle est principalement utilisée lors :
- des veillées traditionnelles ;
- de rites communautaires spécifiques ;
- d’usages coutumiers encadrés.
Faire découvrir les réalités de la culture de l’Iboga
La visite a permis à la délégation américaine de mieux appréhender :
- les méthodes culturales ;
- les contraintes agronomiques ;
- les enjeux de conservation ;
- la sensibilité culturelle de la plante ;
- les besoins d’encadrement institutionnel.
L’objectif affiché est de démontrer que la valorisation de l’Iboga ne peut se concevoir en dehors d’un cadre strictement responsable.
Une ressource naturelle sous pression
Face à la demande croissante autour de l’Iboga, les autorités gabonaises insistent sur la nécessité de protéger durablement cette ressource.
Les risques identifiés concernent notamment :
- la surexploitation sauvage ;
- la déforestation ;
- la perte de biodiversité ;
- la disparition progressive des savoirs traditionnels ;
- l’appropriation abusive du patrimoine culturel.
La plantation de Bikelé apparaît ainsi comme un modèle de domestication durable et de sécurisation de la ressource.
Un potentiel économique à encadrer
Au-delà de sa portée spirituelle, l’Iboga représente un potentiel économique stratégique pour le Gabon.
Les perspectives concernent notamment :
- la culture encadrée ;
- la transformation locale ;
- la recherche scientifique ;
- les filières réglementées ;
- la création d’emplois ruraux.
« Le développement économique de l’Iboga doit rester compatible avec les impératifs de souveraineté et de durabilité », a rappelé un cadre du ministère.
La protection des savoirs ancestraux au centre des priorités
Les échanges ont également porté sur la transmission et la sécurisation des connaissances traditionnelles associées à l’Iboga.
Pour les autorités, ces savoirs doivent bénéficier :
- aux communautés détentrices ;
- aux générations futures ;
- à la souveraineté culturelle nationale ;
- à un partage équitable des retombées économiques.
Cette approche vise à empêcher toute exploitation non autorisée du patrimoine immatériel gabonais.
Une diplomatie environnementale assumée
En conduisant personnellement cette visite, Maurice Ntossui Allogo confirme la place croissante des questions environnementales dans la diplomatie économique gabonaise.
La valorisation intelligente des ressources naturelles s’impose désormais comme un levier majeur de diversification économique et de souveraineté nationale.
La visite de cette délégation américaine à Bikelé marque ainsi une étape importante dans la stratégie gabonaise visant à faire de l’IGabon/Clôture de la première session ordinaire 2026 du CESEC : Priorité à la sécurité, à l’Iboga et au développement durableboga un atout national durablement maîtrisé.




