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Gabon – Comilog : comment 20 % des recettes minières financent le développement local

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Développement local Comilog Gabon FDCL

Grâce à un mécanisme inscrit dans la convention minière qui lie l’État gabonais à la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), une partie des richesses générées par l’exploitation du manganèse est désormais directement réinvestie dans les territoires concernés. À travers le Fonds de Développement des Communautés Locales (FDCL), 20 % de la redevance minière proportionnelle alimentent des projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations. Un modèle qui illustre la volonté du Gabon de faire des ressources minières un levier de développement local.

Longtemps, l’exploitation des ressources naturelles en Afrique a alimenté un débat récurrent : comment faire en sorte que les populations vivant à proximité des sites miniers bénéficient réellement des richesses extraites de leur sous-sol ?

Au Gabon, cette question a trouvé un début de réponse avec la réforme du Code minier de 2019 et la signature, en octobre 2020, d’un addendum à la convention minière entre l’État gabonais et la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog). Ce dispositif instaure un mécanisme inédit permettant de financer durablement des infrastructures et des projets communautaires grâce à une partie des recettes issues de l’exploitation du manganèse. (Journal Officiel)

Un mécanisme qui redistribue une partie de la richesse minière

Concrètement, 20 % de la Redevance Minière Proportionnelle (RMP) versée par Comilog sont affectés au Fonds de Développement des Communautés Locales (FDCL). Ce fonds est également alimenté par 15 % de la taxe d’extraction des carrières exploitées par l’entreprise, conformément à l’addendum signé avec l’État gabonais. (Comilog)

Ce mécanisme s’inscrit dans la continuité des dispositions prévues par le Code minier gabonais, qui organise la répartition des recettes minières entre le budget de l’État, les collectivités locales, le Fonds d’appui au secteur minier et le Fonds de Développement des Communautés Locales. L’objectif est de faire bénéficier directement les populations riveraines des retombées économiques de l’exploitation minière. (Journal Officiel)

Des projets choisis avec les collectivités locales

Au-delà du financement, le partenariat prévoit une gouvernance associant l’État, les autorités locales et Comilog.

Deux organes ont été mis en place :

  • le Comité de Gestion Partenariale (CGP), chargé des orientations stratégiques ;
  • le Comité de Gestion Opérationnelle (CGO), responsable du suivi technique des projets. (Comilog)

Cette gouvernance vise à identifier les besoins prioritaires des territoires concernés afin que les investissements répondent aux attentes exprimées par les communautés locales.

Les projets financés concernent notamment les infrastructures publiques, la santé, l’éducation, l’accès aux services essentiels, le développement économique local ainsi que les initiatives favorisant l’emploi et l’entrepreneuriat.

Plus de 240 000 bénéficiaires

Après plusieurs années de mise en œuvre, les premiers résultats témoignent de l’ampleur du dispositif.

Selon les données publiées par Comilog, 26 projets communautaires avaient déjà été réalisés en 2025 grâce aux différents fonds mis en place, représentant 8,5 milliards de FCFA d’investissements au bénéfice de près de 240 000 personnes vivant dans les zones concernées. (Comilog)

Ces réalisations portent notamment sur des infrastructures publiques, des équipements collectifs, des actions sanitaires ainsi que des programmes destinés à renforcer l’employabilité des jeunes et à soutenir l’activité économique locale.

Diversifier l’économie au-delà de la mine

Pour Comilog, le développement local ne consiste pas uniquement à financer des infrastructures.

L’entreprise affirme vouloir accompagner la diversification économique des territoires afin de réduire leur dépendance à l’activité minière. Cette stratégie passe notamment par le soutien à l’entrepreneuriat local, au développement des petites entreprises, à la formation professionnelle et à la création d’activités génératrices de revenus. (Comilog)

Cette approche répond également à la volonté des autorités gabonaises de renforcer la transformation locale des ressources naturelles et de faire du secteur minier un moteur de création d’emplois et de valeur ajoutée. (Ministère des Mines)

Faire de la richesse minière un levier de développement territorial

À travers le Fonds de Développement des Communautés Locales, le Gabon cherche à inscrire l’exploitation minière dans une logique de partage des bénéfices avec les territoires producteurs.

En consacrant une partie des recettes issues du manganèse au financement de projets locaux, le pays ambitionne de transformer la rente minière en investissements durables capables d’améliorer les conditions de vie des populations, de soutenir l’économie locale et de renforcer l’acceptabilité sociale des activités minières.

Dans un contexte où le secteur minier demeure l’un des principaux piliers de l’économie nationale, ce mécanisme illustre une évolution de la gouvernance des ressources naturelles : faire en sorte que les richesses du sous-sol contribuent davantage au développement des communautés qui vivent au plus près des sites d’exploitation.

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