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Port-Gentil : la capitale pétrolière face au défi de l’après-pétrole

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Vue industrielle et chantiers de modernisation économique à Port-Gentil au Gabon.

Depuis plus d’un demi-siècle, la vie à Port-Gentil s’articule autour des pompes à pétrole. Mais la capitale économique de l’Ogooué-Maritime touche aujourd’hui aux limites de ce modèle : comment préparer la suite sans attendre que les puits ne se tarissent ? Entre chantiers industriels, renforcement du réseau électrique, travaux urbains et programmes de formation, la cité cherche un second souffle.

Pour autant, personne n’envisage de tirer un trait sur le secteur pétrolier. Ce serait irréaliste pour une ville qui concentre l’essentiel de l’expertise industrielle gabonaise. L’enjeu consiste plutôt à utiliser cette base historique pour bâtir des activités complémentaires.

Le constat amer de la monoculture

Sur le terrain, les discours d’intention se heurtent à une réalité difficile. Port-Gentil fait face à un contraste saisissant : malgré les milliards générés par son sous-sol, la commune subit un chômage élevé, le départ de nombreux prestataires, un manque d’attractivité et des équipements publics vieillissants.

Cette situation prouve qu’une économie portée par la seule extraction ne suffit pas à faire vivre une communauté sur la durée. Diversifier le tissu économique est devenu une priorité absolue. Pour créer des emplois stables, la ville doit développer des secteurs capables de résister aux fluctuations du cours du baril.

L’acier comme déclencheur industriel

L’inauguration des Aciéries du Gabon, le 17 septembre 2026, concrétise cette nouvelle orientation. Portée par le groupe Foberd, cette usine récupère les ferrailles et débris métalliques sur le territoire national pour les transformer en matériaux de construction, principalement en barres de fer destinées au BTP.

Au-delà de la production, le projet met en place une véritable chaîne de valeur :

  • En amont : organisation des circuits de collecte, de tri et d’acheminement du métal ;
  • En intermédiaire : besoins croissants en maintenance mécanique, sous-traitance et logistique ;
  • En aval : réseaux de stockage, de distribution et fourniture directe des chantiers régionaux.

C’est ce maillon qui manquait à l’industrie locale : transformer un site de production en un réseau dynamique de PME et d’emplois qualifiés.

L’électricité, condition préalable à toute relance

Aucune usine ne peut tourner avec un réseau électrique instable. Pour alimenter ces nouvelles installations sans priver les ménages de courant, Port-Gentil doit impérativement sécuriser sa fourniture d’énergie.

La modernisation des infrastructures gérées par la SEEG répond à cette urgence. Deux centrales thermiques apporteront une capacité initiale de 50 MW dans les prochains mois, avec pour objectif d’atteindre 150 MW supplémentaires d’ici 2032. Qu’il s’agisse de la métallurgie, de l’hôtellerie, des ateliers ou de la future université, la faisabilité de ces projets dépend directement d’un réseau fiable pour sécuriser sa fourniture d’énergie et accompagner ces ambitions industrielles.

30 milliards de FCFA engagés pour la rénovation urbaine

Attirer des investissements demande aussi un cadre de vie adapté pour les salariés et leurs familles. Le plan de relance comprend donc un important volet de rénovation urbaine.

Riche d’une enveloppe de 30 milliards de FCFA, ce programme intègre :

  • La réfection des voiries ainsi que la remise en état des réseaux d’eau et d’électricité ;
  • La modernisation des marchés de quartier et des dispensaires ;
  • La rénovation de la Foire de Port-Gentil et la construction de logements neufs ;
  • Le chantier de l’Université Pierre-Louis Agondjo Okawé.

Miser sur la qualification des jeunes

La réussite de cette transition repose sur la formation des équipes locales. Si la ville s’appuie historiquement sur des structures spécialisées comme l’Institut du Pétrole et du Gaz, les activités émergentes nécessitent des profils plus variés : électromécaniciens, techniciens de maintenance, soudeurs, logisticiens ou spécialistes de la sécurité industrielle.

Les projets annoncés pourraient générer jusqu’à 7 000 emplois directs et indirects. Sur le terrain, l’impact réel s’évaluera à travers trois indicateurs clés :

  1. La pérennité des postes après la phase de construction ;
  2. Le taux d’embauche effectif des jeunes et résidents de la commune ;
  3. La part des contrats attribuée aux PME de l’Ogooué-Maritime.

S’appuyer sur l’héritage industriel pour bâtir l’avenir

Port-Gentil possède des atouts solides : un port de commerce actif, des connexions logistiques rodées et une culture industrielle ancrée dans la population. L’objectif n’est pas d’effacer cet héritage, mais de s’en servir pour développer la métallurgie, les services techniques, le commerce et la transformation sur place.

En somme, la ville n’a pas à rompre avec le pétrole, mais à sortir de la dépendance à une ressource unique. Si les chantiers en cours parviennent à irriguer l’économie locale, Port-Gentil apportera la preuve qu’une cité pétrolière peut relancer durablement la capitale pétrolière grâce à de nouveaux investissements à Port-Gentil.

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