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Transparence ferroviaire : vers un dialogue institutionnalisé entre l’État, la SETRAG et les miniers

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Gabon : dialogue entre SETRAG et acteurs miniers sur les coûts et capacités du réseau ferroviaire

La question des tarifs ferroviaires au Gabon s’impose désormais comme un enjeu économique majeur. Le vendredi 20 février 2026, le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguéma Nguéma, a réuni la direction générale de SETRAG et plusieurs opérateurs miniers afin d’examiner les conditions d’accès et de circulation sur le réseau ferroviaire national. Entre modernisation des infrastructures, hausse des coûts logistiques et saturation progressive du trafic, cette concertation ouvre une nouvelle phase de gouvernance stratégique du rail gabonais.

Les tarifs ferroviaires au cœur des préoccupations économiques

Longtemps considérée comme un sujet purement technique, la question des tarifs ferroviaires prend aujourd’hui une dimension nationale. Le transport par rail constitue un maillon central de l’activité minière au Gabon, secteur clé pour les exportations et les recettes publiques.

Toute évolution tarifaire impacte directement :

  • les coûts d’exploitation des sociétés minières
  • la compétitivité des exportateurs
  • les marges des entreprises
  • les revenus fiscaux de l’État

La réunion initiée par le ministre Sosthène Nguéma Nguéma traduit ainsi une volonté de traiter ce dossier dans un cadre concerté et institutionnel.

SETRAG justifie les hausses tarifaires par les investissements

Face aux interrogations exprimées par les opérateurs miniers, la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG) a rappelé que les ajustements tarifaires engagés depuis 2022 répondent à une logique de modernisation du réseau.

Mise en service en 1986, la ligne ferroviaire nationale nécessite aujourd’hui :

  • des travaux lourds de réhabilitation
  • un entretien permanent des infrastructures
  • des équipements modernisés
  • un renforcement de la sécurité ferroviaire

Dans un contexte international marqué par la hausse du coût des matériaux importés, l’entreprise estime que les révisions tarifaires demeurent raisonnables.

Selon SETRAG, l’augmentation moyenne représente 1 à 2 FCFA par tonne et par an.

Un réseau ferroviaire proche de la saturation

Au-delà des tarifs ferroviaires, les échanges ont mis en lumière une contrainte plus structurelle : la capacité du réseau.

Le trafic annuel est estimé à :

  • 12 millions de tonnes de capacité maximale
  • près de 11 millions de tonnes déjà transportées

Cette marge réduite limite fortement les perspectives d’augmentation des volumes sans investissements supplémentaires.

Autrement dit, la problématique ne concerne plus seulement les prix du transport, mais aussi la capacité réelle du réseau à accompagner la croissance future du secteur minier gabonais.

Le rail, enjeu stratégique pour l’industrie minière

Le Gabon dispose d’importantes ressources minières, notamment en manganèse et autres minerais stratégiques. Cependant, l’exploitation des richesses du sous-sol dépend largement de la qualité des infrastructures logistiques.

Le rail permet :

  • l’acheminement des minerais vers les ports
  • la fluidité des exportations
  • la réduction des coûts logistiques
  • la sécurisation des chaînes d’approvisionnement

Sans réseau performant, la montée en puissance de la production minière pourrait rapidement se heurter à un plafond logistique.

Une réunion annuelle de concertation désormais actée

À l’issue des discussions, le ministre des Mines a instruit la mise en place d’une réunion annuelle de concertation entre les différentes parties prenantes.

Cette décision marque une évolution importante dans la gouvernance du secteur.

L’objectif est de disposer d’un cadre régulier pour examiner :

  • les évolutions tarifaires
  • les volumes transportés
  • les investissements réalisés
  • les besoins futurs du réseau

Plutôt que de gérer les tensions au cas par cas, l’État choisit désormais une approche fondée sur l’anticipation et la transparence.

Plus de visibilité pour les entreprises, plus de régulation pour l’État

Pour les opérateurs miniers, ce mécanisme de dialogue représente un gain de visibilité sur les coûts futurs et les capacités logistiques.

Pour l’État gabonais, il permet de renforcer son rôle de régulateur entre :

  • performance économique
  • attractivité industrielle
  • continuité du service public
  • financement des infrastructures

Cette méthode pourrait contribuer à sécuriser davantage les investissements dans le secteur extractif.

Le Gabon face au défi des infrastructures de demain

La réunion du 20 février 2026 rappelle une réalité essentielle : la croissance minière repose autant sur les ressources naturelles que sur les infrastructures capables de les valoriser.

Discret mais indispensable, le rail demeure l’un des piliers du développement économique gabonais. La qualité du dialogue entre SETRAG, les industriels et l’État pourrait influencer durablement la trajectoire de croissance du pays.

Les tarifs ferroviaires au Gabon dépassent désormais la simple question comptable. Entre besoins d’investissement, saturation progressive du réseau et ambitions minières croissantes, le rail devient un enjeu stratégique national. En instituant une concertation annuelle, l’État pose les bases d’une gouvernance plus stable et plus prévisible.

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