Le Transgabonais est engagé dans l’un des plus importants chantiers d’infrastructures du pays. Sur les 648 kilomètres reliant Owendo à Franceville, le chantier progresse par étapes afin d’absorber la montée en puissance du trafic marchandises et minier.
Pour le Gabon, l’enjeu dépasse largement le transport des voyageurs. Le rail reste indispensable à l’évacuation du manganèse, au transport des marchandises et à l’approvisionnement des provinces de l’intérieur.
Sur les rails, le chantier avance
Selon les données communiquées par la Présidence en juillet 2026, 424 kilomètres de voie avaient déjà été renouvelés avec des traverses en béton, tandis que 180 kilomètres de rails avaient été remplacés.
À Booué, une usine dédiée à la fabrication des traverses accompagne le chantier. Elle avait produit près de 700 000 traverses sur un objectif de 1,1 million.
Derrière ces opérations techniques, l’enjeu direct reste la sécurisation d’un axe névralgique pour l’économie nationale.
Un réseau au cœur de l’économie gabonaise
Le Transgabonais relie le port d’Owendo aux principales zones économiques de l’intérieur du pays.
Le réseau est notamment essentiel à l’industrie minière. Le manganèse extrait dans le Haut-Ogooué transite par voie ferrée avant d’être exporté depuis la façade maritime.
Le rail joue également un rôle dans le transport des marchandises et le ravitaillement des populations situées le long de la ligne.
Une panne importante ou une interruption prolongée ne concerne donc pas uniquement les voyageurs. Elle peut rapidement avoir des conséquences sur les entreprises, les exportations et l’approvisionnement.
312 millions d’euros pour poursuivre la modernisation
La modernisation du réseau bénéficie de financements internationaux importants.
Proparco, la Société financière internationale et la SETRAG ont engagé un financement de 312 millions d’euros destiné à poursuivre la modernisation du Transgabonais.
Ce financement s’inscrit dans un programme plus large portant sur les 648 kilomètres de la ligne.
L’Agence française de développement accompagne également la modernisation et la sécurisation du réseau à travers un programme de 173 millions d’euros.
L’ampleur de ces financements confirme qu’il s’agit d’un plan de réhabilitation structurel à long terme, et non d’une simple remise en état ponctuelle.
Le défi de la sécurité
La modernisation ne se résume cependant pas au remplacement des rails.
Le vieillissement des infrastructures, les incidents sur la voie et les contraintes liées au relief et aux fortes pluies rendent la maintenance particulièrement importante.
Pour SETRAG, l’objectif est donc aussi d’améliorer la sécurité des circulations et la disponibilité de la ligne.
C’est un point déterminant pour les opérateurs miniers comme pour les autres entreprises qui dépendent du rail.
Et demain, avec Bélinga ?
Un autre dossier pourrait encore renforcer l’importance du Transgabonais : le projet de fer de Bélinga, dans l’Ogooué-Ivindo.
Si l’exploitation industrielle du gisement monte en puissance, la question du transport du minerai deviendra centrale. Les infrastructures ferroviaires devront pouvoir absorber de nouveaux volumes tout en continuant à assurer les trafics existants.
Le développement du secteur minier pourrait donc accélérer la nécessité d’un réseau ferroviaire plus performant.
Cela pose une question simple : le Transgabonais est-il modernisé assez vite pour accompagner les ambitions industrielles du Gabon ?
La rentrée rappelle aussi le problème du transport
À l’approche de la rentrée scolaire, la question de la mobilité revient naturellement au premier plan, particulièrement dans le Grand Libreville.
Si les embouteillages du Grand Libreville relèvent de la mobilité urbaine quotidienne, le Transgabonais répond à une tout autre temporalité : celle des grandes infrastructures de fret et d’aménagement du territoire.
Pour le rail, le calendrier est de long terme. Pour les automobilistes et les usagers des transports urbains, l’urgence est quotidienne.
Le chantier sera jugé sur ses résultats
Le Transgabonais dispose désormais de financements importants et d’un programme de modernisation clairement engagé.
La question est maintenant celle du résultat.
Une voie plus sûre doit permettre moins d’incidents. Des infrastructures renouvelées doivent améliorer la régularité du trafic. Et un réseau plus performant doit pouvoir accompagner la croissance du fret sans dégrader la qualité du service aux voyageurs.
Le véritable indicateur du succès de la modernisation ne sera donc pas le nombre de kilomètres rénovés, mais ce que les usagers et les entreprises constateront sur la ligne dans les prochaines années.




