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Électricité au Gabon : Olivier Mouckocko peut-il vraiment sortir le pays des coupures ?

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Ministère de l'Énergie et infrastructures électriques au Gabon

Depuis le 11 octobre 2026, Olivier Mouckocko est le quatrième ministre en charge de l’eau et de l’énergie en trois ans. Un chiffre qui dit déjà beaucoup. Le portefeuille est l’un des plus exposés du gouvernement. Les populations le jugent chaque soir, à la lumière des ampoules qui s’éteignent ou restent allumées.

Le nouveau ministre hérite d’un système sous tension, de projets en retard et d’une impatience croissante.

Un héritage lourd

Les délestages récurrents, les réseaux vétustes et les difficultés de la SEEG ont marqué les derniers mois. Le secteur affiche une dette importante, estimée autour de 150 milliards de FCFA. Les pannes ne sont plus seulement techniques : elles sont devenues un sujet politique et social.

Olivier Mouckocko arrive avec un profil technique. Géologue spécialisé en hydrogéologie, il a travaillé dans l’ingénierie et les infrastructures minières, notamment chez Eramet Comilog. Un parcours plus opérationnel que purement politique. Reste à voir si cela suffira face à l’ampleur des problèmes.

Les chantiers prioritaires

Plusieurs projets sont censés soulager le réseau dans les prochains mois.

D’abord les neuf turbines bicombustibles totalisant 255 MW. Sept d’entre elles, fournies par le turc AKSA Enerji, doivent renforcer les centrales d’Akournam et de Port-Gentil. Deux autres, livrées par SESS, sont destinées à Port-Gentil et Lambaréné. Leur mise en service est attendue à la mi-novembre, avec déjà plusieurs semaines de retard.

Ensuite, le barrage de Kinguélé Aval. Les travaux de gros œuvre sont annoncés à 95 %. Ses trois turbines de 35 MW au total doivent progressivement entrer en service d’ici la fin de l’année. Une fois opérationnel, le complexe est censé fournir plus de la moitié de l’électricité du Grand Libreville.

À plus long terme, la scission de la SEEG est prévue au 1er janvier 2027. L’opérateur historique doit être remplacé par deux entités distinctes : La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon. L’objectif affiché est de mieux spécialiser la gestion de chaque service.

Ce qui reste à prouver

Produire plus d’électricité ne suffit pas. Le réseau de distribution est saturé et vieillissant. Les pertes techniques, les branchements illégaux et le manque d’entretien pèsent lourd. Sans modernisation du réseau, les nouvelles capacités risquent de ne pas se traduire par une amélioration concrète pour les ménages et les entreprises.

Le ministre a annoncé que des résultats seraient « palpables » dans trois à quatre mois. C’est un engagement fort. Les Gabonais jugeront sur les faits : la durée et la fréquence des coupures, la stabilité du courant dans les quartiers, et la capacité des entreprises à planifier leur activité sans générateurs.

Un test de crédibilité

L’énergie est devenue un marqueur de la capacité de l’État à livrer des résultats visibles. Après plusieurs changements de ministre, le temps des annonces est compté. Les turbines et le barrage de Kinguélé Aval offrent une fenêtre d’opportunité. Si ces projets entrent réellement en service dans les délais annoncés et si le réseau tient, la pression pourra diminuer.

Dans le cas contraire, le doute continuera de s’installer. Pour Olivier Mouckocko comme pour le gouvernement, le compte à rebours a commencé.

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