Pendant plus d’un demi-siècle, le paysage bancaire gabonais a profondément évolué. Au fil des décennies, plusieurs établissements sont apparus, certains ont disparu, tandis que d’autres se sont transformés pour accompagner le développement économique du pays. Parmi eux, un nom s’est progressivement imposé comme une référence : BGFIBank.
Aujourd’hui présente dans 12 pays, employant plus de 3 000 collaborateurs et reconnue comme l’un des principaux groupes bancaires du continent, BGFIBank est devenue bien plus qu’une banque gabonaise. Son histoire est aussi celle de la montée en puissance d’un acteur africain capable de financer les entreprises, d’accompagner les États et de soutenir les investissements sur plusieurs marchés.
1971 : les origines gabonaises
L’histoire de BGFIBank débute en 1971, à une période où le Gabon connaît une forte croissance économique portée par l’exploitation pétrolière.
Cette année-là, la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas) ouvre une succursale à Libreville afin d’accompagner le financement des entreprises, des administrations et des grands projets liés au développement du pays. L’établissement prend alors le nom de Paribas Gabon.
Durant les années 1970 et le début des années 1980, la banque développe progressivement son réseau au Gabon et participe au financement de nombreux acteurs économiques, contribuant ainsi à accompagner la dynamique de croissance du pays.
Le tournant de la gabonisation
Au milieu des années 1980, le contexte économique et politique évolue. Comme dans plusieurs pays africains, la volonté de renforcer la place des cadres nationaux dans les grandes entreprises se traduit par une montée en responsabilité des dirigeants gabonais.
C’est dans ce contexte qu’Henri-Claude Oyima, jeune banquier formé aux États-Unis et ayant notamment exercé chez Citibank, rejoint Paribas Gabon en 1983. Deux ans plus tard, il accède à la direction générale de l’établissement après avoir occupé plusieurs fonctions opérationnelles.
Son arrivée marque le début d’une transformation qui s’inscrira durablement dans l’histoire de la banque.
De Paribas Gabon à BGFI
Au cours des années 1990, le groupe Paribas réduit progressivement sa participation dans plusieurs marchés africains. Au Gabon, cette évolution conduit à une recomposition de l’actionnariat : les investisseurs gabonais prennent une place plus importante, tandis que l’établissement adopte une nouvelle identité.
En 1996, Paribas Gabon devient la Banque Gabonaise et Française Internationale (BGFI). Ce changement de nom constitue un moment fondateur. La banque ne se limite plus à être la filiale d’un groupe étranger ; elle affirme désormais une identité propre et engage la construction de sa propre stratégie de développement.
Une ambition au-delà des frontières
À partir des années 2000, la direction du groupe fait un choix stratégique : accompagner les entreprises africaines partout où elles investissent.
La première implantation internationale intervient en République du Congo, avant une expansion progressive dans plusieurs marchés stratégiques.
Aujourd’hui, le groupe est notamment présent :
- En Afrique centrale : Cameroun, Congo, Guinée équatoriale, République démocratique du Congo et Sao Tomé-et-Principe ;
- En Afrique de l’Ouest : Bénin, Côte d’Ivoire et Sénégal ;
- À l’international : France et Madagascar.
Cette stratégie répond à une logique claire : offrir aux entreprises, aux investisseurs et aux institutions un partenaire bancaire capable de les accompagner dans plusieurs pays avec des standards homogènes de services et de gouvernance.
Structuration et diversification du groupe
L’expansion internationale s’accompagne d’une évolution de l’organisation du groupe.
En 2010, BGFIBank adopte une structure de holding avec la création de BGFI Holding Corporation, chargée de coordonner l’ensemble des filiales et des métiers du groupe. Cette réorganisation vise à renforcer la gouvernance, harmoniser les pratiques et soutenir la croissance internationale.
Parallèlement, le groupe élargit progressivement son champ d’activité. Au-delà de la banque commerciale, il développe plusieurs métiers spécialisés, notamment :
- la banque privée ;
- la banque d’investissement ;
- le crédit-bail ;
- les marchés financiers ;
- la gestion d’actifs et d’autres services financiers.
Cette diversification lui permet de répondre aux besoins d’une clientèle composée aussi bien de particuliers, d’entreprises que d’institutions.
Le projet B30 : une vision à long terme
Contrairement à certaines institutions qui privilégient une expansion rapide, BGFIBank affirme une stratégie fondée sur la maîtrise des risques, la qualité du service et la solidité financière.
Cette démarche s’appuie sur des projets d’entreprise successifs destinés à moderniser les processus, renforcer la gouvernance et accélérer la transformation numérique.
Le plus récent, le Projet B30 (2026-2030), définit une nouvelle feuille de route autour de quatre priorités : la performance, le capital humain, l’innovation et l’excellence opérationnelle.
Un acteur majeur de la finance africaine
En un peu plus de cinquante ans, BGFIBank est passée d’une banque implantée à Libreville à un groupe financier international présent dans douze pays.
Son développement illustre l’émergence d’acteurs bancaires africains capables d’accompagner les entreprises, les investisseurs et les grands projets sur plusieurs marchés, tout en contribuant au financement des économies du continent.
Cette évolution témoigne également de la capacité d’une institution née au Gabon à s’imposer progressivement parmi les principaux groupes bancaires d’Afrique centrale.
Par justin MBATCHI
Dossier BGFIBank
Cet article est le premier volet de notre dossier consacré à BGFIBank.
Dans notre prochain article, Gabon Quotidien analysera les choix stratégiques qui ont permis au groupe d’étendre sa présence en Afrique centrale, de diversifier ses métiers et de s’imposer parmi les principaux acteurs bancaires du continent.




