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Électricité au Gabon : que vont réellement changer les nouvelles turbines de la SEEG ?

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Transport exceptionnel de nouvelles turbines à gaz de la SEEG vers la centrale d'Akournam au Gabon

L’acheminement de cinq nouvelles turbines à gaz vers la centrale d’Akournam relance l’espoir d’une amélioration du service dans le Grand Libreville. Mais entre l’installation technique des équipements et la fin effective des délestages, plusieurs obstacles restent à franchir.

Le convoi exceptionnel a fini sa course à Owendo, mais l’épreuve de vérité ne fait que commencer.

Du 7 au 9 septembre 2026, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a déployé un dispositif logistique d’envergure pour transporter cinq nouvelles turbines à gaz depuis le port commercial d’Owendo jusqu’à la centrale thermique d’Akournam. Pour les usagers de Libreville, Akanda et Owendo, une question centrale émerge : ces équipements vont-ils enfin stabiliser l’approvisionnement électrique ?

L’apport de ces installations sera décisif à une condition : que la puissance supplémentaire soit raccordée sans délai à un réseau capable de la distribuer sans saturation.

Incertitudes sur la capacité réelle injectée

Ce renouvellement du parc thermique vise d’abord à fiabiliser la centrale d’Akournam. Toutefois, l’analyse des annonces officielles révèle un flou sur les volumes injectés.

Si plusieurs relais médiatiques évoquent 125 MW pour l’ensemble des cinq turbines, de précédentes communications de l’opérateur tablent plutôt sur 100 MW de puissance additionnelle garantie. Cette différence met en lumière l’écart classique entre la puissance nominale (brute) installée et la capacité nette réellement injectable sur le réseau électrique.

Dans les deux cas, le gain potentiel reste significatif pour le Grand Libreville. Néanmoins, une capacité affichée sur le papier ne garantit pas une alimentation continue dans les foyers.

Le goulet d’étranglement du réseau de transport

L’efficacité d’un système électrique repose sur trois maillons indissociables : la production, le transport et la distribution. Augmenter la capacité de production à la centrale d’Akournam ne résout qu’une partie de l’équation si les lignes de transport accusent une vétusté structurelle.

Consciente de ce risque de saturation, la SEEG a engagé des travaux complémentaires sur le réseau de transport de la capitale. La pose d’un câble aérien de technologie ACCC doit permettre d’acheminer environ 160 MW de la centrale d’Owendo vers le poste stratégique de Bisségué afin de fluidifier le transit de l’énergie.

Un impact direct sur la productivité économique

La fragilité du réseau électrique dans le Grand Libreville touche l’ensemble du tissu économique local. Au-delà du confort domestique, les coupures répétées pénalisent l’activité des entreprises : arrêts de production, détérioration des équipements et surcoûts liés à l’usage prolongé de groupes électrogènes.

Selon les projections du plan triennal 2025-2028 de la SEEG, la demande en électricité progresse d’environ 5 % par an. Ces nouvelles turbines visent donc autant à pallier le déficit actuel qu’à absorber la croissance continue de la consommation.

La nécessité de maintenir un parc thermique performant

Même si le Gabon exploite un potentiel hydraulique important via les barrages de Kinguélé, Tchimbélé, Poubara, Bongolo et Médouneu — qui fournissent environ 40 % de l’électricité nationale —, le recours au thermique reste indispensable.

Les centrales à gaz et au gasoil offrent une énergie modulable, capable de compenser immédiatement les variations de débit des retenues d’eau. Ce modèle impose cependant une maintenance rigoureuse et un approvisionnement régulier en combustible, comme le montre la modernisation parallèle de la centrale de Port-Gentil, portée à 86 MW de capacité pour couvrir un besoin local de 50 MW.

Un plan d’investissement global

Ces cinq turbines s’inscrivent dans une feuille de route plus large comprenant les projets d’Aksa Enerji (centrale bi-fuel de 100 MW à Akournam) et l’extension de la centrale thermique d’Owendo.

La fin des délestages ne dépendra pas uniquement de la mise en service de ces équipements à Akournam, mais de la capacité de la SEEG à maintenir ces machines en état de fonctionnement continu et à sécuriser la distribution jusqu’au dernier kilomètre.

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