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Emploi des jeunes au Gabon : le chiffre qui ne baisse pas

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Des jeunes professionnels et étudiants rassemblés lors d'une initiative pour l'emploi à Libreville

Près d’un jeune sur trois est au chômage. 30,5 %. C’est le taux de chômage des 15-35 ans selon la Note de conjoncture économique du Gabon 2026 présentée fin octobre par la Banque mondiale. Pendant ce temps, l’économie a progressé de 3,2 % en 2025. La croissance est là. Les emplois, beaucoup moins. Ce décalage n’est plus une surprise. Il est devenu structurel.

Un paradoxe qui s’installe

Le Gabon forme des jeunes. Beaucoup. Des diplômés sortent chaque année des universités et des écoles techniques. Pourtant, 25,4 % des titulaires d’un diplôme universitaire restent sans emploi. Pire : plus de la moitié des salariés occupent un poste pour lequel ils sont surqualifiés. On forme, mais on n’absorbe pas.

Les entreprises, de leur côté, se plaignent de ne pas trouver les compétences dont elles ont besoin. Bois, tourisme, transformation minière, construction, numérique… les secteurs porteurs existent. Mais le lien entre les formations et le marché reste fragile.

Des initiatives qui démarrent

Le gouvernement multiplie les annonces. Fin octobre, 100 jeunes ont commencé une formation à l’intelligence artificielle à Libreville, en partenariat avec l’Unesco. C’est la première cohorte d’un programme qui doit en former 400. D’autres sessions pratiques (restauration, pâtisserie, métiers techniques) sont prévues, avec l’ambition de les étendre ensuite aux provinces.

Un Salon de l’Emploi et des Métiers est également programmé début novembre. Des caravanes d’orientation et des dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat sont mis en avant dans le cadre du Plan national de croissance et de développement 2026-2030.

Ces initiatives existent. Elles sont visibles. Mais leur échelle reste encore limitée face à l’ampleur du problème.

Ce qui bloque vraiment

Former ne suffit pas.
Créer des emplois non plus, si ces emplois restent précaires, sous-payés ou concentrés dans l’informel. Le secteur privé formel reste trop étroit. L’accès au crédit pour les jeunes porteurs de projets demeure difficile. Et trop souvent, les offres d’emploi exigent encore « cinq ans d’expérience » à des jeunes qui sortent à peine de l’école.

Le résultat est connu : beaucoup de diplômés acceptent des petits boulots, s’engagent dans l’informel ou restent dans l’attente.

Une question de crédibilité

Le président Oligui Nguema a fait de l’emploi des jeunes une priorité affichée. L’objectif de créer 200 000 emplois d’ici 2030 figure dans les documents officiels. Sur le papier, la feuille de route existe. Sur le terrain, les jeunes attendent des résultats mesurables : des contrats stables, des opportunités réelles, et non seulement des formations sans débouchés.

Le chiffre de 30,5 % ne baissera pas par magie. Il baissera quand la formation, le financement et la création d’emplois avanceront au même rythme. Pour l’instant, le décalage reste trop grand.

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