Libreville 22 août 2026. La lutte contre le trafic d’animaux sauvages s’est une nouvelle fois illustrée à Libreville. Le 12 août 2026, quatre personnes ont été interpellées alors qu’elles détenaient un bébé chimpanzé de neuf mois qu’elles auraient tenté de vendre illégalement. L’opération a été menée par l’administration des Eaux et Forêts et la Police judiciaire, avec l’appui de l’ONG Conservation Justice.
Parmi les quatre personnes interpellées figurent deux femmes âgées de 31 et 51 ans. Elles ont été prises en flagrant délit de détention et de tentative de vente du jeune chimpanzé, une espèce intégralement protégée au Gabon.
Selon les informations communiquées par Conservation Justice, ce ne serait pas la première fois que l’animal faisait l’objet d’une transaction. Le bébé chimpanzé aurait déjà été vendu pour 350 000 francs CFA avant cette nouvelle tentative.
Une intervention qui met fin à une nouvelle tentative de vente
Les quatre suspects ont été auditionnés le 12 août. Le principal suspect est resté en garde à vue, selon l’ONG.
Les faits pourraient entraîner des poursuites sur la base de plusieurs dispositions du Code forestier et du décret n°163. Conservation Justice rappelle notamment que l’article 92 interdit la détention d’espèces animales intégralement protégées.
L’article 275 du Code forestier prévoit, pour les infractions concernées, des sanctions pouvant aller de trois à six mois d’emprisonnement et de 10 000 à 10 millions de francs CFA d’amende, ou l’une de ces deux peines seulement.
Les personnes interpellées restent toutefois présumées innocentes jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire.
Le chimpanzé placé dans un sanctuaire
Une fois récupéré, le jeune chimpanzé a été transféré au Parc de la Lékédi, avec l’appui de l’association Gabon Untouched. Le parc est géré par la Fondation Lékédi Biodiversité et est membre du Pan African Sanctuary Alliance (PASA).
Son transfert permet de mettre l’animal à l’abri et de lui assurer une prise en charge adaptée. Les sanctuaires constituent en effet un maillon important de la lutte contre le trafic de faune : ils accueillent les animaux saisis ou abandonnés et leur offrent des conditions permettant, lorsque leur état le permet, d’envisager une réhabilitation.
Pour Eric Willaume, directeur du Parc de la Lékédi, la détention de primates sauvages présente également des risques pour les particuliers. Ces animaux peuvent devenir difficiles à maîtriser en grandissant et peuvent transmettre certaines maladies.
La protection de la faune reste un enjeu majeur
Cette nouvelle opération montre que le trafic d’espèces protégées reste une réalité au Gabon, y compris dans les centres urbains.
La vente d’un jeune chimpanzé ne constitue pas seulement une infraction à la législation sur la faune. Elle participe à un commerce qui fragilise les populations sauvages et encourage la capture d’autres animaux.
L’intervention du 12 août permet donc de mettre un terme à une nouvelle tentative de commercialisation d’un animal protégé. Elle souligne aussi l’importance de la coopération entre les services de l’État et les organisations spécialisées dans la protection de la biodiversité.
Conservation Justice invite enfin les personnes qui détiendraient des animaux appartenant à des espèces intégralement protégées à les remettre aux services des Eaux et Forêts plutôt que de chercher à les vendre ou à les conserver chez elles.




