C’est un tournant pour l’agriculture continentale. Olam Palm Gabon vient de poser la dernière pierre de son vaste réseau d’irrigation goutte-à-goutte souterrain et automatisé. Présenté par le groupe comme le plus grand chantier du genre dédié au palmier à huile en Afrique et l’un des plus ambitieux sur le plan mondial, ce système invisible ambitionne de transformer en profondeur l’exploitation des plantations locales et ghanéennes.
Nourrir la plante au cœur des racines
Ici, exit l’arrosage classique en surface, trop vulnérable à l’évaporation rapide. Les ingénieurs ont fait le choix d’enfouir des kilomètres de tuyaux directement sous les rangées d’arbres. L’eau s’infiltre ainsi au plus près de la zone racinaire. Pilote à distance et entièrement automatisé sur des milliers d’hectares, ce dispositif de précision ajuste les apports en temps réel pour limiter au strict minimum le gaspillage, ce qui s’avère vital durant les mois de forte sécheresse.
Face à la réalité du terrain et aux éléphants
Sur la carte, le projet visait initialement 13 119 hectares. Dans la pratique, la faune sauvage et le relief ont imposé un sérieux recul : 8 370 hectares sont aujourd’hui équipés, et 7 291 hectares se trouvent effectivement sous irrigation en 2026. La raison principale de ce décalage ? Les passages répétés et les ravages causés par les éléphants dans plusieurs parcelles, oblitérant une partie des zones prévues et forçant une réorganisation des surfaces.
Le test décisif de la saison sèche
Alors que la grande saison sèche touche à sa fin, les équipes techniques surveillent le réseau comme le lait sur le feu. L’enjeu prioritaire consiste à mesurer en continu l’humidité des sols afin de garantir un approvisionnement constant au niveau des racines. Une véritable épreuve du feu sur le terrain pour vérifier si la théorie tient ses promesses face aux contraintes de la terre.
Un pari à mesurer sur le long terme
Au croisement de la rentabilité agricole, de la gestion sobre de l’eau et des impératifs du climat, cette infrastructure reste un pari stratégique pour Olam Palm Gabon. Les travaux étant désormais bouclés, s’ouvre une période d’observation au long cours : ce sont le rendement des récoltes et la résistance des installations dans le temps qui trancheront sur la réussite définitive du projet.




