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SETRAG : Christian Magni défend le dialogue social, les syndicats témoignent

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Après les accusations formulées par la Fédération des travailleurs du rail (FETRAG), le 3 novembre, la direction générale de la Société d’exploitation du Transgabonais (SETRAG) défend sa gestion des relations professionnelles. Son directeur général, Christian Magni, assure que les échanges avec les organisations syndicales se poursuivent et que les différends doivent être réglés dans les cadres prévus. Plusieurs responsables syndicaux rencontrés ce jeudi 05 novembre décrivent, eux aussi, des relations régulières avec la direction, tout en faisant état de revendications encore en discussion.

La sortie de la FETRAG avait placé le climat social de l’entreprise au centre du débat. Son président, Gilles Térence Mondjo Mondjo, avait dénoncé des atteintes présumées aux libertés syndicales, des procédures disciplinaires visant des représentants du personnel et des inquiétudes concernant les conditions de travail ainsi que la place des compétences gabonaises dans l’encadrement. La fédération avait également interpellé les autorités publiques et le groupe Eramet.

En réponse, la direction générale met en avant les mécanismes de concertation mis en place avec les six organisations syndicales présentes dans l’entreprise. Pour la Direction des ressources humaines, le dialogue social reste actif. « Depuis plusieurs années, le dialogue social est une réalité et il demeure particulièrement dynamique avec ces six organisations », affirme Jean Robert AVATOLI, responsable des ressources humaines.

AVATOLI indique que des rencontres sont régulièrement organisées pour informer les syndicats sur la situation de l’entreprise, son évolution et le programme de remise à niveau de l’outil de travail. Il affirme également avoir reçu récemment la FETRAG, environ une semaine avant son point de presse, pour échanger sur le climat social et les prochaines négociations.

« Au cours de ces discussions, aucune accusation d’intimidation ou de manipulation de la part de la direction générale n’a été formulée », soutient-il, ajoutant que la direction a été surprise par les déclarations relayées dans les médias. Le responsable rejette par ailleurs les accusations de violation des droits des travailleurs et rappelle que les salariés sont soumis aux dispositions du règlement intérieur, de la convention collective et du Code du travail.

Le SNTT et le SYCAT évoquent des relations de travail régulières

Les interventions de plusieurs responsables syndicaux viennent également illustrer la continuité des échanges entre la direction et les organisations représentatives du personnel. Le président du Syndicat national des travailleurs du Transgabonais (SNTT), Ngocket Wilfried, affirme que les consultations avec la direction générale se déroulent normalement.

« À ce niveau, nous n’avons aucune difficulté concernant les échanges avec l’employeur », déclare-t-il. Il estime également que les conditions de travail évoluent normalement et que le partenariat entre la direction et les représentants du personnel repose sur de bonnes bases.

Le responsable syndical cite plusieurs mécanismes de représentation et de concertation au sein de l’entreprise : les organisations syndicales, la délégation du personnel et les instances consacrées à l’hygiène, à la sécurité et aux conditions de travail. Il évoque aussi la formation de certains salariés, en particulier dans le domaine de la sécurité ferroviaire.

Sur le plan conventionnel, Ngocket Wilfried rappelle que la convention collective d’entreprise signée en novembre 2023 pour une durée de trois ans reste, selon lui, appliquée. Il met notamment en avant la prime annuelle de partage des résultats du transport, versée conformément au protocole d’accord et aux échéances convenues.

« Tous les points, toutes les dispositions et toutes les actions inscrites dans la convention collective d’entreprise sont respectés par l’employeur », affirme-t-il. Dans cette dynamique, le président du SNTT souhaite voir le dialogue se renforcer davantage : « Il faut également continuer à rendre ce dialogue plus dynamique et, si nécessaire, plus proactif. »

À la tête du SYCAT depuis le 27 octobre 2023, Ntandou-Bikouta Davi Glenn décrit, lui aussi, des rencontres régulières avec la direction générale. Il reconnaît les divergences et les préavis de grève déposés par son organisation, mais affirme que les discussions n’ont jamais été définitivement rompues.

« Malgré ces désaccords, nous avons toujours privilégié les échanges et les discussions », indique-t-il. Le président du SYCAT souligne les avancées enregistrées dans l’amélioration des centres répartis le long du réseau ferroviaire et dans les conditions d’accueil des agents qui y sont affectés.

Le SYCAT a également transmis à l’employeur un cahier de revendications. Certains points, précise son président, seront examinés lors des prochaines négociations de la convention collective. « Chaque fois que nous avons sollicité des rencontres, nous avons été reçus par la direction générale », ajoute-t-il.

Le responsable syndical tient à distinguer sa démarche de celle de la fédération qui a organisé le point de presse du 3 novembre. « Le SYCAT ne se reconnaît pas dans cette démarche », affirme-t-il, expliquant que son organisation entend continuer à régler ses différends par la concertation interne.

La prochaine convention collective en préparation

Le renouvellement de la convention collective constitue désormais un dossier important pour les organisations syndicales. Le SYCAT a engagé une consultation auprès des salariés afin de recueillir leurs doléances et de préparer de nouvelles propositions.

Ntandou-Bikouta Davi Glenn indique que son organisation attend la mise en place d’un protocole d’accord pour engager les travaux préparatoires à l’élaboration d’un nouveau projet de convention. Celui-ci sera ensuite soumis à la direction générale pour ouvrir les négociations.

Le président de l’UTCT, Nzoume Mba Arnauld, replace également les revendications des travailleurs dans le cadre des négociations conventionnelles. Il rappelle que l’entreprise a connu plusieurs étapes dans l’évolution de ses accords collectifs, avec des conventions successives et des révisions. Le processus de dénonciation de la convention de 2023 doit permettre, selon lui, de préparer un nouvel accord.

Il insiste également sur la nécessité de renforcer la formation des responsables syndicaux. Évoquant le rajeunissement des effectifs de l’entreprise, il estime que les organisations doivent accompagner cette évolution par un effort d’éducation ouvrière et de formation syndicale.

« Cela signifie que nous avons aujourd’hui une main-d’œuvre beaucoup plus jeune. Cette évolution nécessite un véritable travail de formation et d’éducation ouvrière », explique-t-il. Pour le président de l’UTCT, la défense des salariés doit aussi rester au cœur de l’action syndicale, avec une attention particulière portée à la prévention des accidents du travail.

La direction mise sur la poursuite des échanges

À travers leurs interventions, Christian Magni et les responsables syndicaux entendus défendent la poursuite des discussions au sein de la SETRAG. Le SNTT met en avant l’application de la convention collective et le versement de la prime de partage des résultats. Le SYCAT évoque les rencontres avec la direction, les avancées obtenues sur certaines conditions de travail et la préparation de nouvelles revendications. L’UTCT insiste, pour sa part, sur les négociations conventionnelles et la formation syndicale.

Les interventions recueillies mettent en évidence la place qu’occupent les mécanismes de concertation dans les relations entre la direction de la SETRAG et les organisations syndicales. Elles soulignent également le rôle des prochaines négociations conventionnelles dans la poursuite de ce dialogue.

Pour Christian Magni, la direction générale doit continuer à privilégier les instances compétentes et les mécanismes de concertation. Du côté des syndicats rencontrés, la prochaine convention collective constitue désormais l’un des principaux rendez-vous pour faire avancer les revendications des cheminots.

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