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Eramet : L’énergie, ce verrou qui bloque encore la transformation du manganèse gabonais

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La République gabonaise, Eramet Comilog et Sinohydro ont signé jeudi à Pékin une lettre d’intention. Sur le papier, il s’agit d’explorer des solutions d’approvisionnement électrique pour une future usine d’alliages de manganèse. En réalité, c’est bien plus que cela : c’est la reconnaissance officielle que sans électricité fiable et compétitive, le grand projet de transformation locale du manganèse restera une promesse.

Un ambition industrielle freinée par l’électricité

Depuis le protocole d’accord signé le 20 juillet 2026 entre l’État gabonais, Eramet et sa filiale Comilog, le pays a clairement affiché son ambition : cesser d’exporter uniquement du minerai brut et transformer une part significative de sa production sur place.

L’objectif est ambitieux jusqu’à 700 000 tonnes de minerai transformées par an d’ici fin 2031, avec notamment l’idée d’une nouvelle usine d’alliages dans la région de Libreville. Mais tout le monde savait déjà que le vrai obstacle n’était ni le minerai, ni le savoir-faire d’Eramet. C’était l’énergie.

La production d’alliages de manganèse est extrêmement gourmande en électricité. Sans un accès sécurisé, abondant et à un prix compétitif sur le long terme, aucun investisseur ne prendra le risque de construire une usine. C’est précisément ce que reconnaît cette lettre d’intention.

Sinohydro entre en scène

Sinohydro, filiale du géant chinois PowerChina, est chargé d’étudier des solutions hydroélectriques. L’idée n’est pas seulement d’alimenter l’usine : les éventuelles centrales pourraient aussi renforcer les capacités nationales de production d’électricité, un enjeu structurel pour le Gabon.

On est encore loin d’une décision d’investissement. Il s’agit pour l’instant d’études techniques, commerciales et financières. Mais le simple fait que les trois parties se mettent autour de la table à Pékin, en marge de la visite d’État du président Brice Clotaire Oligui Nguema, montre que le sujet est désormais traité au plus haut niveau. L’État gabonais semble avoir compris qu’il ne pouvait plus se contenter d’attendre que l’énergie arrive d’elle-même. Il faut la créer, et vite.

Un projet industriel qui pourrait tirer le réseau national

Ce n’est pas la première fois que l’on parle d’hydroélectricité au Gabon. Plusieurs projets ont été évoqués ces dernières années, dont celui de Ngoulmendjim. Mais cette fois, le lien avec un projet industriel concret change la donne. L’usine d’alliages n’est plus seulement un objectif économique : elle devient le prétexte et le garant d’un renforcement du parc électrique national.

Reste maintenant à transformer l’intention en réalité. Les études devront démontrer que les solutions envisagées sont viables, que le coût de l’électricité sera suffisamment compétitif, et que le calendrier est compatible avec les ambitions industrielles affichées. Si ce verrou énergétique saute, le Gabon pourra réellement commencer à monter en gamme sur sa ressource phare. S’il reste bloqué, les protocoles et lettres d’intention continueront de s’empiler sans que le pays ne quitte jamais le statut d’exportateur de matière première.

L’affaire est donc simple : soit l’électricité suit, soit le grand projet de transformation du manganèse restera, une fois de plus, un projet sur le papier.

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