Libreville, 17 septembre 2026. Nouveau coup dur pour les réseaux de criminalité faunique dans le nord-est du pays. Une récente opération contre le trafic d’ivoire au Gabon s’est soldée par le placement sous mandat de dépôt de trois hommes. Cette intervention s’est déroulée le 5 septembre dernier à Ovan, dans le département de la Mvoung.
Les Eaux et Forêts et la Police judiciaire de Makokou ont conduit cette intervention conjointement, avec l’appui technique de l’ONG Conservation Justice. Lors de la descente, les agents ont mis la main sur six pointes d’ivoire d’éléphant, déjà sectionnées en douze morceaux pour en faciliter le transport et la revente.
Du flagrant délit à la détention provisoire à Libreville
Au total, les agents ont interpellé quatre individus sur le coup. Selon les précisions de Conservation Justice, trois d’entre eux ont été pris en flagrant délit alors qu’ils tentaient de négocier la vente de la cargaison illégale.
La justice a finalement mis hors de cause le quatrième suspect, un chauffeur soupçonné d’avoir assuré leur transport. Faute d’éléments probants sur sa complicité directe, le parquet a classé l’affaire à son encontre.
Transférés vers la capitale, les enquêteurs ont présenté les trois autres mis en cause le 11 septembre. À l’issue des auditions, le juge a ordonné leur placement immédiat sous mandat de dépôt en attendant leur jugement. Tous restent présumés innocents jusqu’au rendu d’une décision définitive.
Jusqu’à dix ans de prison encourus selon le Code pénal
Au Gabon, le cadre légal s’est nettement durci face à la pression sur la faune sauvage. L’article 390 du Code pénal réprime sévérement la détention, l’achat, la cession ou le transport d’ivoire sans autorisation. Les prévenus risquent jusqu’à dix ans de réclusion criminelle. En outre, l’amende peut atteindre cinq fois la valeur marchande de la saisie.
Plus encore, l’article 398 précise que la simple tentative est punie des mêmes peines que l’infraction consommée.
Le défi des réseaux structurés face à la justice
Pour Conservation Justice, cette saisie rappelle que la lutte contre le trafic d’ivoire au Gabon reste un défi complexe sur le terrain. Au-delà du braconnage local, l’organisation pointe du doigt la structuration de réseaux organisés capables de convoyer ces trophées sur de longues distances, parfois au-delà des frontières nationales.
L’affaire d’Ovan met une nouvelle fois en lumière la chaîne de réponse mise en place par l’État : de la surveillance sur le terrain jusqu’à la fermeté de la réponse judiciaire, essentielle pour dissuader les trafiquants.




