Libreville, le 10 juin 2026. Quatre personnes ont été condamnées à des peines de prison et à des amendes après une affaire de détention illégale et de tentative de commercialisation de défenses d’éléphant dans le Woleu-Ntem.
La lutte contre le trafic de produits issus de la faune sauvage continue de mobiliser les autorités gabonaises. Le Tribunal de Première Instance de Libreville a condamné, le 5 juin 2026, quatre personnes reconnues coupables de détention illégale d’ivoire et de tentative de commercialisation de trophées provenant d’éléphants, une espèce intégralement protégée par la législation nationale. Cette décision judiciaire fait suite à une opération menée le 25 avril 2026 à Mitzic par la Direction provinciale des Eaux et Forêts et l’antenne locale de la Police Judiciaire, avec l’appui de l’ONG Conservation Justice.
Une opération conjointe menée à Mitzic
Selon les éléments de l’enquête, les quatre mis en cause — trois hommes et une femme de nationalité gabonaise — ont été interpellés en flagrant délit alors qu’ils détenaient quatre défenses d’éléphant et tentaient de les commercialiser.
Les pièces saisies provenaient d’éléphants de forêt, une espèce emblématique de la biodiversité gabonaise bénéficiant du plus haut niveau de protection légale. Au Gabon, la détention, le transport, la commercialisation ou l’exportation de produits dérivés d’espèces intégralement protégées sont strictement interdits et passibles de lourdes sanctions pénales. Après leur arrestation dans le Woleu-Ntem, les suspects ont été placés en garde à vue puis transférés à Libreville pour y être jugés.
Des peines de prison et de lourdes amendes prononcées
À l’issue de la procédure, le tribunal a rendu un délibéré ferme à l’encontre des prévenus :
- Les trois principaux prévenus ont été condamnés chacun à douze mois d’emprisonnement, dont six mois avec sursis, ainsi qu’à une amende de 1,76 million de francs CFA.
- La quatrième prévenue, reconnue coupable de complicité dans la tentative de commercialisation, a écopé de six mois de prison, dont quatre mois avec sursis, et de 1,5 million de francs CFA d’amende.
- Dommages et intérêts : Les quatre condamnés devront également verser solidairement la somme de deux millions de francs CFA à l’administration des Eaux et Forêts.
Un signal fort adressé aux réseaux de trafic de faune
Cette décision est intervenue le 5 juin, une date symbolique marquant la Journée mondiale de l’environnement. Au-delà du volet répressif, l’affaire rappelle le rôle écologique fondamental des éléphants dans les écosystèmes forestiers du bassin du Congo. Souvent qualifiés de « jardiniers de la forêt », ces pachydermes participent activement à la dispersion des graines et à la régénération naturelle des massifs forestiers.
Le Gabon, qui abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt du continent africain, a fait de la sauvegarde de cette espèce un pilier prioritaire de sa politique de conservation.
Le trafic d’ivoire : un défi persistant pour la biodiversité
Malgré le durcissement du cadre réglementaire et la multiplication des patrouilles de terrain, le trafic d’ivoire reste une menace permanente pour la faune sauvage. Alimenté par des réseaux criminels structurés et une demande internationale soutenue, ce commerce illicite continue de faire peser une pression sur les espèces protégées.
Les condamnations prononcées à Libreville envoient un message clair aux braconniers et à leurs complices. Pour les autorités et leurs partenaires, l’objectif demeure inchangé : appliquer la loi avec rigueur pour préserver un patrimoine naturel stratégique pour l’avenir environnemental du pays.




