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Transgabonais : quand la prévention ferroviaire descend au cœur des quartiers

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Sensibilisation à la prévention ferroviaire le long du Transgabonais par la SETRAG

Dans le Grand Libreville, vivre à quelques mètres des rails fait partie du quotidien, mais les chiffres rappellent l’urgence du danger : deux tiers des accidents se concentrent sur les 34 premiers kilomètres de la ligne. Face à ce constat, la SETRAG et les communes de Libreville, Owendo et Ntoum font le pari d’une nouvelle approche en confiant la prévention aux jeunes riverains.

Sur les bordures de la voie ferrée qui traverse le Grand Libreville, la vie quotidienne et le trafic ferroviaire se frôlent à toute heure. Mais derrière cette proximité ordinaire, les statistiques dressent un bilan alarmant. Entre Owendo et Ntoum, les 34 premiers kilomètres du Transgabonais concentrent à eux seuls 65 % des accidents recensés sur le réseau. Sur la seule portion reliant Owendo à Essassa, on dénombre entre 14 et 15 heurts de personnes en quatre ans, presque tous survenus en pleine voie et pendant la nuit.

Face à ces drames à répétition, l’opérateur ferroviaire et les autorités locales ont décidé d’unir leurs forces. Ce 24 septembre 2026, la SETRAG et les municipalités de Libreville, Owendo et Ntoum ont scellé un partenariat inédit. L’ambition est claire : sortir des campagnes d’affichage théoriques pour ancrer la sécurité au plus près du terrain.

L’illusion du risque zéro en zone urbaine

Au fil des années, le décor a changé. L’expansion urbaine a progressivement grignoté les abords de la voie ferrée. Aujourd’hui, les rails côtoient des étals de marchands, des carrefours fréquentés et des habitations où les enfants jouent à quelques mètres des convois.

Traversées imprudentes, occupations non réglementées des emprises, baisse de vigilance nocturne ou sous l’effet de produits : les facteurs de risques sont bien identifiés. Mais pour les responsables locaux, traiter le problème à distance ne suffit plus. Comme l’a rappelé le maire d’Owendo, Arnaud Sandri Nombo, la protection des habitants exige une réponse collective, impossible à porter par un seul acteur.

Des jeunes des quartiers pour passer le message

Pour créer un véritable déclic, le dispositif s’appuie sur une idée simple : la prévention est mieux acceptée lorsqu’elle est portée par des visages familiers. La convention prévoit ainsi la création d’une association de proximité regroupant des jeunes issus directement des quartiers riverains.

Formés aux règles de sécurité, ces volontaires auront pour mission de sensibiliser leurs voisins, d’expliquer les dangers de la voie et d’alerter rapidement les autorités en cas de situation critique. En devenant des relais permanents sur le terrain, ils visent à transformer durablement les comportements là où les approches traditionnelles peinent à s’imposer.

Une alliance qui attend ses preuves sur le terrain

Pour Christian Magni, Administrateur Directeur Général de la SETRAG, cette vigilance directe des communautés est essentielle pour protéger le domaine ferroviaire. L’entreprise prévoit d’ailleurs de moderniser son dispositif en s’inspirant d’expériences réussies sur d’autres réseaux continentaux et internationaux.

Reste désormais à concrétiser cette alliance sur le terrain. La baisse effective des accidents dans les zones dites sensibles constituera le principal indicateur de réussite. Au-delà des patrouilles de prévention, ce partenariat remet au centre du débat la question cruciale de l’aménagement urbain autour des infrastructures de transport.

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